Patrimoine de France

« IN SITU »  installe l’art contemporain dans 11 sites patrimoniaux d’Occitanie

La vie de nos monuments
« IN SITU » installe l’art contemporain dans 11 sites patrimoniaux d’Occitanie

De belles rencontres entre le patrimoine et l’art contemporain, au programme de la 6ème édition de IN SITU. Initiée par la région Languedoc-Roussillon, la manifestation s’ouvre cette année sur 11 sites de quatre départements de l’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée : Aude, Hérault, Ariège et Aveyron. Jusqu’au 17 septembre. Par Guy Hébert

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« IN SITU » installe l’art contemporain dans 11 sites patrimoniaux d’Occitanie

mercredi 06 septembre 2017
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Rainer Gross Pas perdus, 2017 Installation sculpturale en lattes de peuplier et voliges de pin © David Huguenin
Dix artistes ont été sélectionnés par la commissaire principale, Marie-Caroline Allaire-Matte. Souvent, l’œuvre présentée s’inspire du contexte. L’association « Le passe Muraille », basée à Montpellier depuis 20 ans pour valoriser le patrimoine naturel et culturel, porte l’évènement depuis sa naissance et en conserve la maîtrise. Veillant à retenir des ouvrages de notoriété très différente, mais tous classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques.

Allant du confidentiel château de Baux à Saint-Jean-de-Buèges (Hérault) ou à l’abbaye de Combelongue à Rimont (Ariège) aux lieux mondialement connus comme la Cité de Carcassonne ou Saint-Guilhem-le-désert.

Six autres ont également été retenus, de Foix à Fontfroide, Lagrasse, Narbonne, Pézenas pour le bâti ancien et  à Decazeville, dans l’Aveyron, en référence à l’histoire industrielle du XXe siècle.


Quant aux œuvres, on retiendra celle de l’artiste belge Nick Ervink, pour sa monumentalité et le défi relevé pour son installation au château de Foix, sur le promontoire rocheux qui domine la ville, depuis l’an mil, et qui a dû être héliportée.

Inspirée de statuettes de divinités romaines exposées au musée Gallo-Romain de Tongres, cette sculpture blanche de trois mètres de haut a été conçue à partir d’images macrophotographiques d’éclaboussures d’eau.

Le même artiste est également présent dans l’Hérault, dans l’abbaye de Gellone à Saint-Guilhem-le-désert. Il y revisite l’histoire biblique de l’Arche de Noë. A travers un pétrolier transportant une abbaye de Cluny aux tours disproportionnées. Il ne s’agit pas ici de sauver des eaux les différentes espèces vivantes mais bien de sauvegarder le passé, de plus en plus menacé par les défis ambitieux des hommes, les tours renvoyant également à Babel.


Chacun méditera devant la blancheur immaculée de l’œuvre, installée au musée lapidaire ouvrant sur le cloître, accessible gratuitement pour la première fois.


Arno Fabre Les Babils de Babel ou Du retournement des choses, 2017 100 x 100 x 225 cm Bois, acier, dorure à la feuille de palladium, haut-parleur, bande sonore © David Huguenin
A privilégier, également,  les œuvres créées spécialement pour les sites choisis pour l’évènement estival 2017. A ce titre,  Decazeville fait figure d’exception. Emma Dusong et Arno Fabre ont travaillé en référence à un patrimoine Industriel et minier. Au chevalement, construction de 22m de haut, du début du XXe siècle abritant deux cages d’ascenseur permettant d’acheminer les ouvriers au fond du puits, Emma Dusong a réalisé « En Haut », une œuvre sonore.

Par ses mots et ses chants, elle évoque le langage du bois des galeries et celui des lampes dont les signaux indiquaient aux hommes les dangers de la mine. 

Au musée du patrimoine industriel et minier, Arno Fabre, également artiste du son a voulu revisiter, à l’envers, le mythe de la tour de Babel. Ici la tour est le trou de mine et les ouvriers, occitans, espagnols, italiens ou polonais ont réussi à se comprendre en inventant une sorte de sabir.

Suzy Lelièvre Hôtel Moebius, 2017 Structures en tôle pliée et thermolaquée Courtesy de l’artiste © David Huguenin
Dans l’Hérault, deux réalisations IN SITU sont visibles au château de Baulx de Saint-Jean de Buèges  et à l’hôtel Flottes de Sébastan, à Pézenas. La première, au sommet et sur le côté de la tour du XIIe siècle, l’étendard et la toile peinte, créés par Dominique Gautier est un hommage à Michel Parmentier, artiste minimaliste radical, mort en 2000.

A Pézenas, ville au riche patrimoine qui accueillit Molière et son Illustre Théâtre, Suzy Lelièvre a installé « Hôtel Moebius », une sculpture en tôle blanche. Sorte de pliage architectural  évoquant des volumes et renvoyant au travail d’August Ferdinand Moebius, mathématicien de la première moitié du XIXe siècle.

L’Aude propose aussi deux créations pour IN SITU. Christian Jaccard a accroché son tableau éphémère « Ombres de suie, Partition bénédictine » dans le dortoir de l’abbaye de Lagrasse. 

A la cité de Carcassonne, la cour du midi du château comtal est investie par Rainer Gross. Occupant l’espace avec sa sculpture monumentale ondulante, en lattes de peuplier et voliges de pin.

Pour les autres propositions, et selon le parcours choisi, le visiteur pourra rencontrer l’installation vidéo de Bertrand Gadenne dans l’abbaye de Combelongue. Une des rares abbayes des Prémontrés du Midi de la France, propriété privée labellisée « jardin remarquable », à Rimont, en Ariège.

Dans l’Aude, un bronze du catalan Jaume Plensa est à découvrir dans l’Abbaye de Fontfroide. Et, à Narbonne, au  musée d’Art et d’Histoire du palais des archevêques,  plusieurs œuvres de Claude Viallat dialoguent avec les collections.

Pour un bel été, Il ne reste plus qu’à organiser son périple, à la rencontre de l’histoire et de l’art. Et à se laisser guider par des médiateurs, présents en juillet et août. Ou à laisser libre cours à son imagination !

Guy Hébert

« IN SITU »  installe l’art contemporain dans 11 sites patrimoniaux d’Occitanie

Du 17 juin au 17 septembre 2017

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