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 "La méditerranée dans tous ses états"

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"La méditerranée dans tous ses états"

Il est de plus en plus fréquent que l’exposition d’un artiste contemporain soit installée dans un bâtiment patrimonial. Celle d’Elke Daemmrich, « La méditerranée dans tous ses états », présentée à Narbonne, offre ce double intérêt. Jusqu’au 3 septembre 2017 Par Guy Hébert

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"La méditerranée dans tous ses états"

mercredi 26 juillet 2017
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 Elke Daemmrich installe « sa » Méditerranée à Narbonne



"La méditerranée dans tous ses états" à Narbonne © photo Elke Daemmrich
Dans la chapelle des Pénitents bleus, elle a accroché 20 ans de travail
où la nature, les passions, les couleurs et la lumière du sud explosent. Un moment de bonheur simple à passer entre peintures et gravures et une occasion de découvrir un patrimoine, même modeste, mais qui permet d’approfondir notre Histoire.

Comme son patronyme le laisse deviner, Elke vient du nord. Quand on est née à Dresde, rien d’étonnant à ce que le sud vous fascine. Membre d’un groupe d’artistes de Leipzig « Le Cavalier bleu », de 1990 à 1994, elle obtient, en 1993, le soutien de la fondation Kulturfonds Berlin pour mener à bien un projet, en Provence, sur « La lumière du sud ».

Depuis, elle partage sa vie entre l’Allemagne et l’Occitanie, travaillant dans la région de Pézenas, après une installation dans le Gers.

Quatre ans après sa venue en France, avec le musée Goya de Castres, elle se passionne pour le peintre et graveur espagnol. Et plus spécialement pour ses estampes et lithographies, sur la tauromachie. De cette fréquentation naîtront des peintures, donnant lieu à une exposition au musée, en 1999. Dont certaines œuvres sont d’ailleurs présentées à Narbonne, dans le cœur de la chapelle.

 

"La méditerranée dans tous ses états" à Narbonne © photo Elke Daemmrich
Glücklich wie Gott in Frankreich, Elke se saisira de tout ce que la méditerranée offre à celles et ceux qui y vivent ou y séjournent. Cultures, faune, flore, terrestres et maritimes l’inspirent. Ses œuvres, souvent de grands formats, offrent à voir une nature foisonnante et envahissante.


Les couleurs fortes et structurantes introduisent la joie de vivre. Des gravures sont également présentées, réalisées depuis 1997. Trois eau-forte sur cuivre, « ex-voto 1 », « ex-voto 2 » et « Paysage audois » ont été conçues pour l’exposition.

Données à la ville de Narbonne, elles figureront dans ses collections. On découvrira également deux peintures récentes dans le narthex, l’une pour rendre un hommage aux attentats de Nice, l’autre évoquant l’apparition des drones.

"La méditerranée dans tous ses états" à Narbonne © photo Elke Daemmrich
Dans la nef, une série de travaux autour de la faune et de la flore  méditerranéennes, réalisées entre 2008 et 2014. Belle rétrospective, faisant suite à 88 expositions personnelles et à 130 expositions de groupe, à travers la planète. Une aventure picturale  et graphique, créative et professionnelle, qui valurent à Elke d’être lauréate de la Adolph & Esther  Gottlieb Foundation Inc. de New York , en 2014, et de la fondation Colas, à Paris, l’année suivante. Lui assurant une notoriété lui permettant d’être admise au comité monégasque auprès de l’Unesco et à la Fondation Taylor de Paris. Resterait, pouvoir parler de rétrospective, à avoir des témoignages de ses dix premières années de plasticienne, avant 1997, non présentés à Narbonne.

 

"La méditerranée dans tous ses états" à Narbonne © photo Elke Daemmrich
De l’écrin de l’exposition, le visiteur pourra retenir que cette ancienne chapelle, au décor baroque, a été aménagée au XVIIIe siècle, par la Confrérie des Pénitents bleus, à l’emplacement de celle des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, puis de l’ordre de Malte.

La confrérie fut contrainte à la vendre en 1798. Acquise par Bertrand Barthélémy Despeyroux, elle put de nouveau l’occuper en 1815 en la louant à son propriétaire. Elle en refit l’acquisition en 1890. Peu à peu abandonnée, la chapelle fut récupérée par l’association diocésaine de Carcasonne pour être finalement louée à un marchand de fer en 1922.

Cédée pour le franc symbolique à la ville de Narbonne en 1953, la chapelle resta occupée par son locataire jusqu’en 1975. Vingt ans s’écoulèrent avant que la ville ne la restaure.

Au-delà de l’histoire des occupants des lieux, on ne manquera pas de s’interroger sur ces confréries de Pénitents, que l’on retrouve en France méridionale principalement.

C’est au 12e siècle qu’elles font leur apparition en Italie du Nord. Elles s’adressent à des laïcs, appartenant à un même quartier ou à une même profession. D’Italie, elles se créent en 1499 à Marseille, puis à Toulouse en 1575 à laquelle s’agrègent celles de Narbonne.

La confrérie arrivée la première, en 1588, est dite  des pénitents blancs. La suivante, installée en 1592, choisit sa couleur et son nom, en l’occurrence le bleu pour indiquer un lien particulier avec la vierge Marie. Dernière précision : ces Pénitents défilaient en cagoule, robe et corde en guise de ceinture.

 

Guy Hébert

Informations pratiques


Elke Daemmrich installe « sa » Méditerranée à Narbonne

Exposition visible tous les jours, de 14h à 18h

Visite guidée par Elke Daemmrich, les 9 et 23 août.

Jusqu’au 3 septembre 2017

Chapelle des Pénitents bleus, place Salengro

11 100 Narbonne

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