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« Les formes savantes »  Design au musée-Constance Guisset Studio

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« Les formes savantes » Design au musée-Constance Guisset Studio

Réveiller les décors d’un hôtel particulier du XIXe siècle, aujourd’hui département des Arts décoratifs du musée Fabre de Montpellier, c’est possible. Et de belle manière ! Jusqu’au 17 septembre 2017 Par Guy Hébert

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« Les formes savantes » Design au musée-Constance Guisset Studio

lundi 30 novembre -1
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En faisant réagir meubles et objets anciens à l’intrusion de ses 45 créations design, Constance Guisset efface les frontières entre spectacle et exposition. Le 18 septembre prochain, quand  lampes, objets et meubles imaginés par « Constance Guisset Studio » prendront congé de leurs vénérables hôtes, on ne regardera plus l’hôtel de Cabrières Sabatier d’Espeyran de la même manière.


La designer Constance Guisset, donne vie au département des Arts  décoratifs du musée Fabre

Dans un salon, Constance Guisset et un de ses collaborateurs © photo G.Hébert/PdF 2017
Designer de talent d’une vraie sensibilité et d’une grande délicatesse, mais aussi scénographe, elle réussit cet exploit, tout en valorisant son travail. Michel Hilaire, conservateur général du patrimoine, directeur du musée Fabre le résume parfaitement « Pour Les formes savantes-Design au musée, Constance Guisset a imaginé un dialogue inédit et savoureux, entre design contemporain et mobiliers historiques ». Pendant la chaleur de l’été, s’immerger dans ce patrimoine exceptionnel, environné des œuvres de Constance et s’assoir sans modération sur ses chaises, fauteuils et canapés pour écouter les textes  de l’écrivain Adrien Goetz, en sept scènes et quatre intermèdes, est un vrai bonheur.

Ne nous en privons pas !

Plantons le décor. L’intérieur de cet imposante demeure bourgeoise restitue parfaitement l’univers que les propriétaires, les Despous de Paul, ont voulu s’offrir en 1874. Haut lieu de la vie mondaine montpelliéraine, elle donne à voir, au premier étage, le faste de deux salons d’apparat qui ont conservé les mobiliers d’origine. Ici, tout nous éclaire sur le quotidien, les goûts et les modes de vie de ses hôtes.

Donnée en 1967 à la ville de Montpellier par madame Frédéric Sabatier d’Espeyran, née Renée de Cabrières, elle est transformée en musée en 2010. Tout en voyant disparaître son escalier de service et son monte-plats, elle reste le témoin exceptionnel d’une époque à jamais révolue.

Enrichie par des acquisitions et des donations. Depuis 2012, l’hôtel revit régulièrement à l’occasion d’installations temporaires estivales.

Dans l'escalier d'honneur. Lampadaire à gaz, porte -chapeau-porte-parapluie et "Conversation", luminaire occasionnel et excentrique © photo G.Hébert/PdF 2017
Pour les  dix ans de la réouverture du musée Fabre, carte blanche a été donnée à Constance Guisset. Ses  expériences de scénographie (D’Days en 2011, « La mécanique des dessous » au musée des Arts décoratifs et ballet « Les nuits » d’Angelin Preljocaj, en 2013, exposition « Persona, étrangement humain » au musée du quai Branly en 2016…), sans oublier diverses expositions personnelles (dont celle du MUDAC à Lausanne) lui permettent de déployer son talent à  Montpellier.

De son design, certains disent qu’il est féminin. Constance « s’avoue rond. C’est la délicatesse, l’abstraction. Il s’impose à l’œil ».

Elle est fascinée par le drapé des sculptures anciennes. Voulant « de la tenue, de la douceur et de la fluidité», Constance aime aussi surprendre en s’affranchissant de la réalité. Convaincue également que l’asymétrie donne la vie, elle recherche le mouvement « qui évite l’ennui ».


Tous ses choix sont exprimés avec une belle énergie, pensant que toutes les choses sont possibles. Dans son agence, entre studio et jardin d’enfants, elle n’a pas perdu la fraîcheur de son enfance qu’elle évoque. « J’ai demandé un établi à 8 ans ; à onze, une scie à chantourner. J’ai retrouvé la facture de 1987 ! ».


On doit à Florence Hudowicz, conservatrice au musée Fabre, la venue de Constance et l’intéressante présentation de l’hôtel particulier dans le catalogue édité pour l’évènement. « Mais chut, la représentation commence » nous dit-elle. Dès l’escalier d’honneur, le lampadaire en bronze et le porte-chapeau-porte-parapluie de la maison sont déjà en conversation. Voyant d’un mauvais œil, au-dessus de leurs têtes, le luminaire occasionnel qui déploie son long squelette de bois traversé de lumière, imaginé par Constance. « Il va falloir t’y faire, c’est un meuble, comme toi, comme moi » lance le lampadaire au porte-chapeau.

Le ton est donné, avec humour. De la même...

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