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« Visez au sublime » Jean-Jacques Karpff à Colmar

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« Visez au sublime » Jean-Jacques Karpff à Colmar

Depuis sa réouverture en 2015, l’extension contemporaine du Musée Unterlinden permet le déploiement de son extraordinaire fonds auparavant conservé dans les réserves. Les expositions temporaires s’enchaînent parallèlement à la présentation des collections permanentes. Du 18 mars au 19 juin 2017

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« Visez au sublime » Jean-Jacques Karpff à Colmar

mardi 21 mars 2017
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A Colmar, le Nouvel Unterlinden expose Jean-Jacques Karpff

Grünewald, Retable d’Issenheim, Crucifixion, 1512-1516, technique mixte (tempera et huile) sur bois de tilleul, Musée Unterlinden. Photo : Ruedi Walti
C’est une réelle renaissance des temps modernes que connaît le musée colmarien, à l’origine  aménagé dans un couvent dominicain construit au XIIIe siècle au lieu-dit éponyme qui signifie « sous les tilleuls ». Après plusieurs étapes d’évolution au cours de son histoire, il vient de s’agrandir d’une aile contemporaine réalisée par le bureau d’architectes de Jacques Herzog et Pierre de Meuron, de renommée internationale, auquel on doit aussi –entre autres- le réaménagement de la Tate Modern à Londres.

Le Musée Unterlinden conserve dans ses collections les vestiges d’un habitat régional daté du néolithique ancien (5500 avant notre ère), et des objets archéologiques dont la période s’étend jusqu’au VII siècle après J-C.

La section dédiée à l’art rhénan et souabe du Moyen Age et de la Renaissance est riche de retables exceptionnels, parmi lesquels le célèbre Retable d’Issenheim (vers 1512-1516) œuvre du peintre Grünewald et du sculpteur Nicolas de Haguenau et La Mélancolie (1532) de Lucas Chranach l’Ancien. Le XVIIIe siècle, est dédié aux arts décoratifs régionaux : faïences, orfèvrerie, mobilier…

Pierre-Auguste Renoir (Limoges, 1841 - Cagnes-sur-mer, 1919) Portrait de Joseph Le Coeur Vers 1870 Huile sur toile Musée Unterlinden, Colmar
Les maîtres alsaciens du XIXe siècle, avec Jean-Jacques Henner, Gustave Doré, Jean-Jacques Karpff, occupent une place de choix. Mais la surprise est belle de découvrir dans les nouvelles salles, des peintures qui n’ont rien à envier aux musées des capitales et une vaste collection d’œuvres du XXe siècle. Renoir, Monet, Guillaumin, Bonnard, Hartung, de Staël, Vasarely, Picasso, Dubuffet… La liste est prestigieuse.

Avec aussi une mention spéciale pour la tapisserie réalisée à Aubusson par Jacqueline de La Baume –Dürrbach à la demande de Picasso pour le collectionneur Nelson A. Rockefeller d’après le chef-d’œuvre de la peinture cubiste, Guernica.  

Jean-Jacques Karpff (1770-1829), « Visez au sublime »

Portrait conjugué de Frédéric, Jacques, Caroline et Colette de Reiset, Vers 1818, Miniature à l’encre de Chine sur ivoire, Collection particulière 6 x 8 cm © Christian Kempf
Dans ce cadre magnifié par l’ampleur et la qualité des œuvres montrées, le Musée Unterlinden présente pour ce printemps 2017, une exposition inédite consacrée à la rétrospective des dessins et miniatures de l’enfant du pays. Elle réunit des prêts d’institutions publiques et de collections particulières européennes. Encore trop méconnu, cet élève de Jacques-Louis David qui a joué un rôle majeur dans le développement des arts dans sa ville natale, figure parmi les portraitistes les plus talentueux de son temps.

Organisée en sept sections, l’exposition révèle la diversité de sa production, constamment animée par son intérêt pour les thèmes littéraires et les arts décoratifs, et souligne ce qui fait son originalité : les miniatures exécutées en grisaille. Influencé dès son jeune âge par les d’artistes parisiens venus en Alsace pour pallier le manque de dessinateurs et de graveurs travaillant pour les manufactures de textiles imprimés, et par la diffusion des idées de Lumières, il s’oriente vers le dessin.

En 1790, il se rend à Paris où il est admis dans l’atelier du peintre Jacques-Louis David qui dispense un enseignement novateur, notamment par les études du corps nu ou « académies ».      

Trois ans plus tard, il retourne à Colmar où il est chargé d’inventorier et de mettre à l’abri les collections confisquées au clergé, présentant un intérêt historique, artistique ou scientifique. C’est ainsi qu’il participe à la conservation de plusieurs œuvres majeures, dont le Retable  d’Issenheim, qui formeront le noyau du musée Unterlinden. Parallèlement, il ouvre un atelier et enseigne le dessin en mettant en place une méthode ambitieuse où le dessin d’après les statues antiques en plâtre, occupe une place importante.

Jean-Baptiste Jacques Augustin (1759-1832) Joséphine de Beauharnais Miniature à l’aquarelle et à la gouache sur ivoire 6,7 x 5,4 cm Paris, Fondation Napoléon. © Patrice Maurin Berthier
Suite à une recommandation du préfet du Haut-Rhin, l’Impératrice Joséphine lui commande en 1805 un portrait en pied et deux dessins d’après La Belle Jardinière de Raphaël qui donneront un vrai coup d’accélérateur à sa carrière de portraitiste. Après avoir été distingué au Salon de...

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