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Collection unique cherche lieu d

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Collection unique cherche lieu d'exposition permanent

Alerte ! C'est une collection unique et aussi incroyable que cela puisse paraître, ce joyau ne trouve pas d'espace où s'abriter. Le travail d'artiste qu'a entrepris Robert Barriot se doit d'être exposé au bénéfice de tous. Les émaux sur cuivre doivent être conservés que son parcours artistique puissent ouvrir la voie à de futurs créateurs. Pour une transmission pérenne. Dans les Alpes-Maritimes

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Collection unique cherche lieu d'exposition permanent

samedi 22 juin 2013
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Frédéric Barriot plaide pour l'oeuvre de son père © photo GL.
La collection de Robert Barriot, un touche-à-tout de génie mais méconnu

Les premières expositions des œuvres de Robert Barriot, dans la première moitié du XXème siècle renvoyèrent les plus éminents critiques d’art à leurs encyclopédies. Les plus persévérants y trouvèrent la trace d’émaux sur cuivre repoussé. Depuis, rien ou peu.

Robert Barriot fit renaître des techniques que l’on croyait définitivement disparues.

Ses collections sont toujours là, son fils se bat avec passion pour leur trouver enfin un lieu digne de les abriter. Depuis plusieurs années, l’AJP était en contact avec la famille Barriot qui a souhaité notre visite sur place afin de voir les collections et d’étudier les problèmes posés par leur conservation. C’est donc à Villeneuve-Loubet, dans le magnifique cadre de la citadelle et des ses jardins, que les œuvres de Robert Barriot étaient disposées. Mais cette fois seulement !

Retour sur l'Histoire



La "Danse macabre" © photo GL.
La vie de Robert Barriot est un vrai roman. Non conformiste mais respectueux des formes du passé, il n’est guère possible de le situer parmi les artistes contemporains.

Il était né en 1898 à Chateauroux. Il se dirige d’abord vers la musique puis « monte » à Paris où il fréquente les Beaux-Arts.

Il joue du violon dans les rues de Montmartre et rencontre le sculpteur Jean Baffier qui lui prodigue de précieux conseils dont celui-ci : l’art ne s’apprend pas à l’école et toute recherche est personnelle. Il quitte les Beaux-Arts et exerce jusqu’à 22 métiers différents : création de décors, costumes de théâtre, broderie, grès, faïence, céramique…Et à force de toucher à tout, il découvre les émaux.

Quatre ans seront nécessaires pour réinventer l’ancestrale technique des émailleurs médiévaux. Essais et tâtonnements dans des domaines qu’il ne connaît pas ; il retrouve les teintes oubliée du rouge et le bleu de cuivre. En 1925, 1926, 1931, il reçoit de nombreuses médailles lors de grandes expositions.

Pendant la guerre, il se réfugie dans le Berry et fera partie de réseaux de résistance. C’est pour lui une période riche sur le plan artistique et réalisera des peintures, aquarelles tout en continuant à travailler le cuivre et l’émail dont la fameuse fresque de 6 mètres de long, la « Danse Macabre », chef d’œuvre représentant les vertus et vices humains dans laquelle il incorpore des personnages tuant et torturant sous l’uniforme nazi, ce qui faillit lui coûter cher ! Il faut aussi indiquer que dès 1937, il réalise pour l’église Sainte Odile à Paris un retable remarquable : sept panneaux de cuivre d’un seul tenant, un travail titanesque sur deux ans et demi de repoussage du cuivre et de nombreux passages au feu à plus de 1000° !

Pour la première fois au monde apparaissent des émaux sur cuivre repoussé de grandes dimensions. Après la guerre, il est à l’église Sainte Odile et expose de manière permanente dans l’auditorium mais refusant de passer par des galeristes et de se départir de ses collections, il devra lutter contre la pauvreté.

En 1953, il est expulsé de l’église et retourne dans le Berry où il passera les vingt dernières années de sa vie, ne cessant de faire évoluer ses recherches sur l’émail. Son œuvre prend alors le visage du désespoir et se clôt sur une Apocalypse déchirante.

Robert Barriot laisse à la postérité une des plus importantes collections d’émaux contemporains mais aussi une production d’œuvres non moins importante. Ses recherches sur la matière et sa volonté de résoudre les difficultés techniques l’ont amené à repousser son cuivre. Savoir-faire prodigieux quand on sait que le cuivre se repousse à l’envers et qu’il s’applique sur des plaques de plusieurs mètres de long.

Barriot s’approprie le métier de dinandier de manière très personnelle, créant ses propres outils et travaillant le cuivre jusqu’à la limite du point de rupture mais sans plus. Il créera des statuettes, des parchemins enluminés, des légendes du Berry en incunables. Une inventivité fantastique et un travail extraordinaire et rare puisqu’on s’était empressé d’abandonner cette technique après l’invention de l’imprimerie… Donc, disons-le bien haut, l’œuvre de Robert Barriot est aussi colossale que déroutante.

On pourrait parler pour l’ensemble d’art religieux mais cet étiquetage serait bien trop restrictif....

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Les émaux de Robert Barriot cherchent un musée d'accueil © photo GL.
Une collection d’émaux contemporains sans précedent © photo GL.
Satan par Robert Barriot © photo GL.
La
Frédéric Barriot plaide pour l'oeuvre de son père © photo GL.

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