Patrimoine de France

Du côté de chez Caillebotte

Lieux de Mémoire
Du côté de chez Caillebotte

C’est une belle villa blanche, genre néo-palladien, au milieu d’un grand parc parsemé de fabriques. On l’appelle Casin en référence dit-on à la Casina de la villa Borghèse à Rome, mais elle est plus connue sous le nom de propriété Caillebotte. C’est la en effet que le peintre passa sa jeunesse. Par Françoise Deflassieux

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Du côté de chez Caillebotte

lundi 18 septembre 2017
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Le Casin © Christophe Brachet
Mais la villa a une histoire plus ancienne. Construite vers 1815 par le “chef étoilé“ (dirait-on aujourd’hui), Pierre Borrel, elle est rachetée trente ans plus tard par la veuve de Martin Guillaume Biennais, l’orfèvre tabletier de Napoléon 1er, qui emménage avec un somptueux mobilier d’acajou hérité de son mari.


A sa mort en 1860, c’est Martial Caillebotte, Entrepreneur du service des lits militaires“ qui acquiert la propriété, mobilier compris, et s’y installe avec sa troisième femme et ses quatre fils: Alfred, Gustave, Martial et René.

Détail de la Chambre parentale © Ville de Yerres
Après la disparition de leurs parents, les garçons revendent le domaine en 1879 à une autre veuve dont les héritiers conservent eux aussi les meubles de Biennais.

Ils s’y trouvaient encore lors du 4e changement de propriétaire en 1963, le Casin au profit d’une société qui le vide de ses meubles et de son âme, abat des cloisons et remodèle les volumes pour en faire un bâtiment purement fonctionnel.

Il ne restait donc rien de la décoration intérieure quand la municipalité d’Yerres a récupéré le domaine en 1973, fait classer l’ensemble et entrepris à partir de 1995 une complète restauration de ce qui est désormais connu comme la Propriété Caillebotte.


La restauration

La salle de billard a été restaurée dans son état d’origine peint par Caillebotte © Ville de Yerres
Les restaurateurs disposaient heureusement de nombreux documents, dont le plan initial, des photos d’époque, et surtout des dizaines tableaux faits par Gustave de l’intérieur et de l’extérieur de la maison, et de différents points de vue du parc.

On avait donc déjà tous les éléments d’une reconstitution fidèle quand,  cerise sur le gâteau, l’automne dernier, réapparut lors de la dispersion par Sotheby’s des collections Robert de Balkany, le fameux mobilier Empire de Madame Biennais !

Coup de pouce de l’État, le mobilier est classé et préempté au bénéfice de la propriété Caillebotte. Des photos du début du XXe s. ont permis de le réinstaller dans la grande chambre du premier étage dans sa disposition d’origine.

Des prêts du Mobilier National ont permis de remettre les pièces du rez-de-chaussée dans son style Empire/Restauration d’origine.

Dans l’entrée, un cadre avec les photos de la famille Caillebotte  accueille le visiteur: le père Martial et son épouse Céleste, les quatre garçons. On entre ensuite dans la cuisine où trône la classique cuisinière de fonte, sur fond de carreaux de Delft faïence bleu et blanc avec motifs des jardins du parc, sur lesquels se détachent des cuivres rutilants.

Dans la salle à manger une grande table d’acajou entourée de sièges de même bois est garnie d’assiettes en faïence Creil Montereau et d’une soupière en argent d’Odiot.

Les murs sont garnis de panneaux de paysages romantiques,  réédition par Zuber d’un panoramique début XIXe. Un autre panoramique en grisailles sur thème de l’Histoire de Psyché décore les murs du salon autre réédition par Zuber d’une création de Dufour début XIXe.

Le billard a retrouvé son look tel qu’on le  voit sur un tableau bien connu de Gustave Caillebotte, tout comme le boudoir tendu de perse où pause la petite cousine Zoé.

Le Parc

Le Kiosque © Ville de Yerres
La propriété Caillebotte ne se limite pas au Casin
, la visite ne serait pas complète sans une balade dans le parc en bordure de l’Yerres, restauré, lui aussi dans son état d’origine grâce aux nombreux tableaux laissés par l’artiste. Les massifs ronds de fleurs rouges et blanches, les allées bien dessinées jalonnées d’essences rares comme le cèdre du Liban qui font le bonheur des botanistes.

Sans oublier le Potager  entretenu par une association de bénévoles où alternent arbres fruitiers, légumes anciens, salades variées, plantes médicinales et un espace pour les enfants des écoles. Le Parc est ouvert à tous, on s’y promène librement et on peut même y pratiquer le canotage.

Mais ce qui fait son originalité, ce sont ses “fabriques“ comme on nommait alors les petits édicules de jardin, installées dès les années 1830 par Pierre Frédéric Borrel.

L'Orangerie © Ville de Yerres
L’Exèdre de l’entrée, garnie de statues inspirées de l’antique , l’Orangerie devenue salle d’exposition, le Chalet suisse où l’on a installé un restaurant, le Kiosque qui surmonte la Glacière, vaste puits soigneusement isolé où l’on empilait en hiver des couches de neige et de glace, pour assurer sorbets et boissons fraiches lors des chaleurs de l’été. Tout château ou propriété importante en était équipé,  un certain nombre ont survécu à la modernisation.

La Chapelle néo médiévale est une initiative de Martial Caillebotte pour son fils Alfred, le prêtre, et la Ferme Ornée a été elle aussi aménagée en espace d’exposition comme celle consacrée à Jacques Truphémus qui s’y déroule actuellement.

 

Françoise Deflassieux

Informations pratiques

Du côté de chez Caillebotte


Le Parc est en libre accès (9h -20h), ou avec la location d’une tablette (5€)

Ouvert chaque jour 10h-12h et 14h-18h

Les samedi et dimanche, 10h-18h

Entrée : maison : 8€, maison et expo : 10€, TR de 2 à 5€

- La Propriété Caillebotte

8 Rue de Concy

91 330 Yerres

01 80 37 20 61

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