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Le mois de juin a été bénéfique pour le patrimoine, permettant à l’État de glaner quelques fleurons par le biais du droit de préemption. État des lieux Juin 2016

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Enchères et patrimoine

jeudi 30 juin 2016
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Deux pleurants en marbre sculpté provenant du cortège funéraire du tombeau de Jean de France, Duc de Berry (1340-1416) réalisé par Jean de Cambrai, Bourges vers 1396-1416. Estimation : €4.500.000-5.500.000 Prix réalisé : €5.025.500 © Christie's
Les plus spectaculaires sont les deux pleurants de marbre du tombeau de Jean de Berry préemptés le 15 juin chez Christie’s pour 5.025 500 €.  Ils vont rejoindre les deux que  le Louvre possède déjà.

L’aventure mouvementée de ce monument, œuvre de Jean de Cambrai, commence à la mort du prince en 1416.  Le tombeau, achevé seulement 30 ans plus tard, se compose alors d’un gisant sur une dalle de marbre porté par un socle entouré de quarante pleurants. Il prend place dans la sainte Chapelle du Palais Ducal de Bourges.

La chapelle est détruite en 1756 par un incendie et le tombeau déplacé dans la cathédrale. A cette époque l’art gothique intéresse peu et le monument a commencé à se dégrader. A la Révolution, les zélateurs de l’antimonarchisme en rajoutent : le socle est détruit et les pleurants récupérés par divers amateurs qui commencent à s’intéresser aux arts du Moyen âge.


Ils sont aujourd’hui disséminés à travers la planète entre collections publiques et privées, outre le Louvre, le Met, l’Ermitage et bien sûr le musée de Bourges.

Certains apparaissent parfois aux enchères. Il y a trois ans, chez Christie’s, deux pleurants d’albâtre s’étaient adjugés un peu plus de 4 MF, sans que les musées se manifestent.

Préemption par le musée du Louvre. Plaque en émail peint en grisaille à réhauts d'or par Jean II de Pénicaud, Limoges vers 1540-1545. Estimation : €50,000-100,000 Prix réalisé : €103.500 © Christie's
Lors de la même vente du 15 juin, le Louvre a aussi acquis pour 103 500 € une plaque en émail du milieu du XVIe siècle, allégorie de la Dialectique peinte en grisaille rehaussée d’or, due à Jean Pénicaud, deuxième de sa dynastie.

Dans un genre très différent, ce même 15 juin, la SVV Tessier Sarrou présentait à l’Hôtel Drouot un intéressant fond d’archives du sulfureux Marquis de Sade. L’ensemble comportait une centaine d’écrits et d’objets, qui ont totalisé  500 500 € frais compris dont deux modestes préemptions au profit du patrimoine : Un carnet comportant une “liste des visites venues et à rendre par M. et Mme la Marquis de Sade pour les années 1769 et 1770“ qui va rejoindre pour 4940 département des manuscrits de la Bibliothèque Nationale.

Lot 15 – Préempté par la BNF pour le départements des manuscrits Précieux carnet du Marquis de Sade relevant les différentes visites protocolaires et familiales réalisées par son couple. Adjugé : 4 940 € frais compris © F. Benedetti
Et, plus instructif, un “Mémoire des fournitures de livres et papiers…“ commandés par le marquis à la Bastille de 1783 à 1788, qui va entrer pour 2210 € à la Bibliothèque de l’Arsenal. Les listes, adressées à son épouse permettent d’apprécier sa forte consommation de livres, gazettes, almanachs, papiers et plumes.

Il est vrai qu’entre les quatre murs de son cachot, l’écrivain n’avait guère le choix de ses occupations qu’entre lecture et écriture.

L’État a donc laissé les admirateurs du “Divin Marquis“ se partager l’ensemble de ses archives – des lettres à sa femme pour la plupart (jusqu’à 10/15000 les plus intéressantes)  – Mais aussi des manuscrits parfois inédits de pièces de théâtre comme L’Union des Arts ou les Ruses de l’Amour, de 1810 (39 000 €), ou l’Égarement de l’infortune, de1781 (26 000) 

 Outre les écrits, la vente comportait aussi un portrait sur toile du père du marquis (39.000 €) et le fauteuil “à os de mouton“ qui le suivit lors de ses diverses détentions, de Vincennes à la Bastille. Sade...

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Lot 54 – Préempté par la BNF pour l’Arsenal Mémoire des dépenses faites par le Marquis de 1783 à 1788 à la Bastille en papier, plumes et livres.  13 pages in-8 ou in-12 liées par un cordon avec détail et récapitulatif financier, sous chemise avec annotation. Détail des commandes adressées à la Marquise pour son époux. L’on peut ainsi au fil des documents voir l’importante consommation de papier et plumes par le Marquis qui passait ses journées à écrire et le nombre conséquent de livres réclamés par lui (almanach royal, gazette de la comédie, almanach militaire, romans, satires, tragédies et bien entendu de nombreuses pièces de théâtre).  Adjugé : 2 210 € frais compris © F. Benedetti - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1467298581_sade-54.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Deux pleurants en marbre sculpté provenant du cortège funéraire du tombeau de Jean de France, Duc de Berry (1340-1416) réalisé par Jean de Cambrai, Bourges vers 1396-1416. Chacun représenté debout vêtu d’un manteau ; l’un partiellement caché sous son capuchon, les mains jointes ; le second le visage découvert et égrenant un chapelet ; traces de dorure. Estimation : €4.500.000-5.500.000 Prix réalisé : €5.025.500 © Christie's - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1467300114_lot-24---two-marble-figures-depicting-mourners---_5.025.500--281-29.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Deux pleurants en marbre sculpté provenant du cortège funéraire du tombeau de Jean de France, Duc de Berry (1340-1416) réalisé par Jean de Cambrai, Bourges vers 1396-1416. Chacun représenté debout vêtu d’un manteau ; l’un partiellement caché sous son capuchon, les mains jointes ; le second le visage découvert et égrenant un chapelet ; traces de dorure. Estimation : €4.500.000-5.500.000 Prix réalisé : €5.025.500 © Christie's - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1467300155_2lot-24---two-marble-figures-depicting-mourners---_5.025.500--282-29.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
 Préemption par le musée du Louvre. Plaque en émail peint en grisaille à réhauts d'or par Jean II de Pénicaud, Limoges vers 1540-1545. Portant l’inscription DIALECTICA; enchâssée dans un cadre en noyer partiellement doré et émail; le revers du cadre portant le numéro 120 ainsi que deux étiquettes en papier inscrites Douane centrale Paris et Email platte 1530/ Werkelatt Jean II Penicaud; le contre-émail portant également le numéro 120  La plaque: 22,5 x 16,5 cm. (8 ¾ x 6 ½ in.); Avec le cadre: 35,8 x 29,4 cm. (14 x 11 ½ in.). Estimation : €50,000-100,000 Prix réalisé : €103.500 © Christie's  - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1467300492_lot-95---jean-ii-penicaud---plaque-en-email-peint-en-grisaille-a-rehauts-d-or-representant-l-allegorie-de-la-dialectique---_103.500.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Lot 68 Pastel du portrait de Aignan Thomas Desfriches préempté par le Musée d’Orléans © SVVEVE - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1467300945_bt160320_002_eve__rvb-hdefdernierephoto.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>

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