Patrimoine de France

Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

Du côté des Musées
Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

Depuis le 11 octobre, le Grand Palais propose “Gauguin l’alchimiste”, une exposition assez exceptionnelle dans les galeries nationales. On connaît l’artiste, un des peintres français majeurs du XIXe siècle, pour ses flamboyants portraits de Tahitiennes ou de Bretonnes. Jusqu’au 22 janvier 2018 Un vidéo-mapping sur la façade du Grand Palais est visible jusqu' au 7 décembre 2017

Close the overlay

Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

lundi 27 novembre 2017
Contenu réservé aux abonnés
Premium

La signature de l’artiste, Paul Gauguin, sur l'une de ses toiles © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
On sait moins que Gauguin, grand précurseur de l’art moderne, pratiquait aussi les arts les plus divers que sont le dessin, la gravure, la sculpture ou la céramique

L’exposition, première du genre, nous emmène à la découverte de 243 de ses œuvres.
Des tableaux que l’on reconnaît au premier coup d’œil, mais d’autres moins connus du grand public.
C’est une plongée rare et complète dans le processus de création de l’artiste.

Le parcours de Gauguin l’alchimiste est à la fois chronologique et thématique. Il comporte environ 16 espaces avec des titres qui laissent place à l’imagination : Le droit de tout oser, Le laboratoire des formes, L’objet mis en scиne, Monstruositйs, Le Grand Atelier, Femmes fatales, Du sujet au symbole, Misиres humaines, l’Imagier des tropiques, l’Arcadie tahitienne, Mythes et rйinventions, Noa Noa, voyage а Tahiti, Mythes et rйinventions, Esprits, En son dйcor, La maison du jouir, La Frise.

 

1888 La ronde des petites bretonnes - Huile sur toile 1888. Paul Gauguin © National Gallery of Art, Washington © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
Composée de six sections, l’exposition “Gauguin l’Alchimiste”, met en évidence l’imbrication et les apports mutuels entre les nombreuses disciplines abordées par Gauguin.

La première section, La fabrique des images, est consacrée aux débuts de l’artiste, de la représentation de la vie moderne à l’apparition pour la première fois la reprise d’un motif d’une œuvre à l’autre. On y découvre des œuvres graphiques, des céramiques, des bois et peintures.

Dans Le grand atelier, le visiteur peut se concentrer sur la période bretonne de Gauguin. L’observation de la vie bretonne, intégrée, transformée et assimilée par l’artiste.

Du sujet au symbole, évoque encore la période bretonne mais à travers le prisme du symbolisme croissant des compositions du peintre. Celles-ci sont toujours investies de significations morales, reflet de ses états intérieurs.

Paul Gauguin (1848-1903) Mahana no atua. 1900.1903 Soyez amoureuses, vous serez heureuses - Projet d’éventail. Aquarelle, fusain, gouache sur papier 1894, P.Gauguin © the Art Institute of Chicago © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
L’imagier des tropiques met en évidence l’importance des traditions maories découvertes par Gauguin. La nature habitée traverse les œuvres réunies dans cette section. Un focus met en lumière le manuscrit mythique de Gauguin, Noa Noa, exceptionnellement présenté, en regard des gravures de la suite gravée du même nom.

Mythes et rйinventions, montre la dimension mystique de l’œuvre de Gauguin qui s’est amplifiée à Tahiti. La figure de l’inquiétant Esprit des morts, venu de la tradition tahitienne, revient sans cesse dans les œuvres de cette période.

La section finale, En son dйcor, est centrée sur l’observation de la dernière période de Gauguin pour les recherches décoratives, aussi bien dans les intérieurs tahitiens que dans l’exploration de la nature luxuriante. C’est ici que l’on découvre la Maison du Jouir, la représentation par la technique de l’hologramme, de la maison-atelier que Gauguin a construit en s’inspirant des maisons maories.

Un ensemble d’éléments (réels) subsistant de cette maison du Jouir, des panneaux sculptés, sont présentés ensemble pour la première fois depuis le décès de l’artiste.

 

 
Les boiseries originales de La Maison du jouir © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
Noa Noa, un manuscrit rare et exceptionnel

En 1891, lors de son arrivée à Tahiti, Gauguin pensait écrire un livre pour y décrire ses impressions de voyage. Il en rédige une première ébauche en 1893, entre deux séjours : c’est “Noa Noa” (“odorant”, en Tahitien). Pour achever ce récit qui mêle réalité et fiction, Gauguin est aidé par le poète et homme de lettres Charles Morice. Leur collaboration a pour résultat un manuscrit, aujourd’hui conservé au musée d’Orsay. Gauguin enrichit progressivement l’album d’aquarelles, de bois gravés découpés et collés et de gravures rehaussées de couleur. L’association inédite entre le texte et les images qui dépassent la simple illustration du propos pour évoquer l’atmosphère tahitienne contribue à la poésie de l’ouvrage.

L’espace Noa Noa Voyage de Tahiti permet de découvrir le manuscrit réalisé par Gauguin que l’on peut découvrir sur écran également © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
L’album ne quittera jamais l’artiste. Il fut retrouvé dans sa case à Hiva Oa après sa mort en 1903. Il a probablement été acheminé à Tahiti avec d’autres documents par Victor Segalen, avant de revenir en France, ou Georges Daniel de Monfreid le récupère en 1904. Il l’éditera en 1924 aux éditions Crès, avant d’en faire don à l’État en 1927. Noa Noa est un document très fragile et rare et n’a été exposé que rarement depuis son entrée dans les collections publiques.

 

Le livre : Paul Gauguin

Le livre Paul Gauguin de Laure Caroline Semmer © photo C.Paux/PdF 2017/RMN
Parallèlement à cette exposition du Grand Palais, et à la sortie du film, “Gauguin, voyage
а Tahiti”, avec Vincent Cassel, sorti le 20 septembre, plusieurs livres sur l’artiste ont été publiés dont “Paul Gauguin”, par Laure-Caroline Semmer. Celle-ci analyse avec rigueur et un œil nouveau l’œuvre et le parcours de l’artiste. Ce beau livre est superbement illustré et bien mis en page. Il relate dans une première partie, l’itinéraire artistique et personnel du peintre, puis analyse, en les confrontant, ses plus grandes œuvres.


Caroline Paux

Informations pratiques

Gauguin l’alchimiste au Grand Palais

L'exposition est réalisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et l’Art Institute de Chicago.


Vidéo-mapping sur la façade du Grand Palais de 17h à 22h

- Le livre : Paul Gauguin

L’auteur, Laure-Caroline Semmer est docteur en histoire de l’art et chargée de cours à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Elle est également l’auteur de “Lire la peinture de Cйzanne” et de “Les њuvres clйs de l’impressionnisme”. 12,90 € Éditions Larousse.

Tous les jours sauf le mardi

Prix d’entrée : 14 €, 10 € tarif réduit

- Grand Palais, entrée square Jean Perrin

3, Avenue du Général Eisenhower

75 008 Paris

01.44.13.17.30

Diaporama

>> Profitez des commentaires ! Je m'abonne ! ou Je m'inscris gratuitement !<<

Patrimoine de France,
Commentaires:

Partagez cet article