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L’Aube dans les pas de Renoir

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L’Aube dans les pas de Renoir

Deux ans avant le centenaire de sa mort et à l’occasion de l’ouverture au public de sa maison de campagne dans le paisible –trop paisible – village d’Essoyes, l’Aube rend hommage au peintre des rondeurs féminines et des enfants sages. Par Françoise Deflassieux L'exposition Un Autre Renoir est visible du 17 juin au 17 septembre 2017

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L’Aube dans les pas de Renoir

mercredi 21 juin 2017
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Renoir en sa maison

Aline, Coco et Renoir à Essoyes
Cinq ans après son acquisition par la commune d’Essoyes, la maison de campagne de Renoir s’ouvre au public, rafraichie, rénovée, retapissée, remeublée…. prête à accueillir à nouveau le peintre et sa famille. Dans la foulée de cet événement, c’est la région entière qui célèbre cette Année Renoir.

Essoyes est un joli village d’environ 700 âmes, sur la rivière Ource, au sud de Troyes, au milieu du vignoble, C’est aussi le village natal d’Aline Charigot, modèle de l’artiste, qui devient sa femme et la mère de ses trois fils. Pierre né en 1885, Jean en 1894 et Claude dit Coco, le petit dernier, né à Essoyes en 1901.

L'atelier du peintre © photo F.Deflassieux
C’est donc Aline qui y entraine Renoir en Champagne au début des années 1890. Le peintre est séduit par le village, les ruelles, la rivière semée de lavoirs et de moulins, et les jolies laveuses qui s’y retrouvent et lui servent de modèles. C’est là qu’il rencontre Gabrielle Renard, une jeune cousine d’Aline, dont le visage rond et les formes généreuses l’inspirent. Elle sera la nounou de son fils Jean  et son modèle préféré pour de nombreux tableaux : Gabrielle et Jean, Gabrielle à la rose, Gabrielle nue… etc.

Le couple s’installe d’abord dans une minuscule maisonnette sans confort, qu’on voit encore route de Loches, non loin de la grande maison que le couple acquiert en 1896.

Celle que les admirateurs du peintre sont invités à découvrir après une rénovation complète. 

Après la mort du peintre en 1919, c’est Pierre, l’acteur qui en avait hérité, et c’est sa petite fille Sophie, actrice elle aussi qui fut la dernière occupante jusqu’en 2012. En un siècle, le décor avait été modifié et à part quelques meubles banals fin XIXe, on avait du mal à imaginer le cadre de vie d’Aline et Auguste Renoir.

Le coin enfant aménagé dans le salon © photo F.Deflassieux
Ce n’est donc pas à une reconstitution rigoureusement documentée (faute de références précises) que s’est livrée la décoratrice de cinéma Catherine Jarrier, mais une atmosphère réinventée en partant des éléments subsistants: meubles, restes de papiers peints, complétés par des achats d’objets de l’époque sur les brocantes et vide-greniers : ustensiles de cuisine, casseroles en cuivre, cafetières d’émail, céramiques, jouets d’enfants…
 
La scénographe a su recréer une ambiance d’époque parfaitement crédible.

 

La cuisine aujourd'hui © photo F.Deflassieux
Dans l’entrée on retrouve une fontaine d’origine en faïence bleu et blanc, et on entre dans le salon,  on dirait aujourd’hui salle de séjour s’agissant d’une maison de campagne. Sur le murs, des lambeaux du papier peint d’origine à un motif floral ont permis de le rééditer. Aline le retrouverait avec plaisir, mais peut être pas le chevalet et les tubes de couleurs installés côté jardin puisque le peintre disposait d’un grand atelier hors de la maison.

De l’autre côté, on a disposé des canapés de velours vert entre lesquels “trainent“ des  jouets et jeux d’enfants. Évocation de Pierre, Jean et Claude (Coco, né à Essoyes) qui ont passé leurs vacances enfantines dans cette maison.

La cheminée d'origine dans la cuisine © photo F.Deflassieux
Dans la grande cheminée de la cuisine on a placé une cuisinière à charbon comme celle qui s’y trouvait probablement à l’époque, avec des casseroles de cuivre, quelques plats de faïence et des cafetières émaillées typiques 1900. Aline était une excellente cuisinière, certaines de ses recettes sont affichées sur les murs !

 

Le cabinet de toilette est équipé d’un tub en zinc © photo F.Deflassieux
Un escalier de bois mène aux chambres où les rares éléments de frises retrouvés n’ont pas permis de reconstituer le papier d’origine. Alors la décoratrice en a choisi d’autres, d’époque ou “1900 compatibles“. Du rose pour la chambre d’Aline (ou supposée telle…) du ramage vert et ocre pour celle du peintre, contiguë à un cabinet de toilette équipé d’un tub en zinc et d’une fontaine de cuivre.

Pour la chambre des garçons, garnie d’un lit de fer forgé blanc et de jouets divers on a choisi un motif de corbeilles bleu sur fond blanc. Catherine Jarrier a complété l’ameublement des chambres avec les éléments restés dans la maison : quelques commodes, lits d’acajou, et complété le reste en fonction des dons et découvertes.

La chambre d'enfant © photo F.Deflassieux
On ne montre pas en revanche la chambre de Gabrielle… Elle avait bien sûr sa propre maison dans le village, mais en tant que nounou du petit Jean, sans doute ne le quittait-elle pas la nuit ?

En tant que modèle du peintre, on la voyait aussi dans l’atelier installé à l’étage d’un petit bâtiment au bout du jardin, auquel on accède par un escalier extérieur en pierre.

 La pièce n’avait pas besoin d’aménagement particulier. Après l’avoir repeinte en blanc, on y a remis le chevalet, un caisson d’emballage de tableau pour le transport, des sièges et quelques tableaux au mur. Dans la pièce en dessous, on a installé la chaise roulante du peintre, en osier garnie de cuir noir, celle qu’il utilisait dans ses dernières années, quasiment infirme, les doigts déformés par les rhumatismes.

 

Le papier peint du salon a retrouvé toute sa fraicheur © photo F.Deflassieux
Ce n’est pas à Essoyes que la mort le surprend en décembre 1919, à 78 ans, mais dans sa maison de Cagnes sur mer. Il est enterré à Nice, mais son corps est transféré quelques années plus tard au cimetière du village, où on peut le voir désormais, en compagnie d’Aline, partie neuf ans avant lui, de ses fils Pierre et Jean, et de Claude, le fils de Pierre. 

 

Françoise Deflassieux

 

Renoir au village

 

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