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La Piscine de Roubaix fait “l’Éloge de la Couleur”

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La Piscine de Roubaix fait “l’Éloge de la Couleur”

La Piscine - Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix (Nord) accueille, jusqu’au 11 juin 2017, l’exposition “Éloge de la Couleur”, en partenariat avec le Centre Pompidou qui fête cette année ses 40 ans. Une exposition qui présente un pan méconnu de l’histoire de l’architecture du XXe siècle, celle des coloristes-conseils. Jusqu'au 11 juin 2017

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La Piscine de Roubaix fait “l’Éloge de la Couleur”

lundi 08 mai 2017
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Une toile d’André Lemonnier © photo Caroline Paux/PdF 2017
170 œuvres sont sorties des réserves du Centre Pompidou, réunies pour la première fois afin de témoigner de l’exceptionnelle implication des coloristes dans l’architecture, l’urbanisme, le design les paysages et le graphisme. L’exposition vient compléter le travail commencé en 2011 par La Piscine sur ce sujet de la couleur, suite à la donation faite par Monique et André Lemonnier qui ont consacré leur vie à la couleur et à sa place dans l’industrie.

 

La couleur dans l’architecture

Les premières idées de couleur sont nées au milieu du XVIIIe siècle, en 1851, lors de la première Exposition universelle, quand Joseph Paxton souhaite avoir une palette chromatique destinée à l’architecture intérieure du Crystal Palace. À cette époque, l’architecture métallique se développe et pour des raisons de protection et de décor, il devient nécessaire d’enduire poutres et poteaux de vernis. Les découvertes en matière de pigment artificiel, ouvrent une voie aux architectes et aux urbanistes, celle de l’industrialisation de la couleur.

Projet de coloration d’un ensemble de logements à Uckange par Bernard Lassus. Etude de coloration du bâtiment. 1986 © photo Caroline Paux/PdF 2017
Faiseuse d’espace

Désormais on réfléchit à la couleur appliquée à l’espace. Née au début du siècle dernier dans les premiers mouvements internationaux d’architecture moderne, l’architecte Peter Behrens s’en saisit alors qu’il collabore, à Berlin, avec l’usine AEG pour améliorer le cadre de vie des logements ouvriers.

En France, à l’issue de la Grande Guerre, les architectes modernes dégagent les murs qui apparaissent dorénavant nus et blancs. Le Corbusier croit en la vertu du lait de chaux mais la pratique lui montre que pour faire éclater la joie du blanc, il faut l’entourer de la puissance des couleurs. Son goût prononcé pour les matériaux nouveaux, dont les pigments de synthèse, le conduit rapidement à la polychromie architecturale, « faiseuse d’espace, de diversité, répondant aux élans de l’âme et prête par conséquent à l’épanouissement de la vie. »

Projet de coloration d’un ensemble de logements à Uckange par Bernard Lassus. Etude de coloration du bâtiment. 1986 © photo Caroline Paux/PdF 2017
Les pionniers du colorisme-conseil

Juste après la guerre, plusieurs pionniers du colorisme-conseil présentent que la couleur doit jouer un rôle dans l’environnement urbain et dans la création industrielle. Elle devient un nouvel outil de construction de l’espace. D’abord au cœur des sites industriels où les mises en couleur valorisent le cadre de vie des ouvriers et donnent une identité aux usines.

Fernard Léger annonce la couleur comme étant l’un des problèmes les plus passionnants de l’architecture moderne actuelle et à venir. Ses propos se cristallisent autour de trois figures singulières, celles de Jacques Fillacier, Georges Patrix et Bernard Lassus, pionniers du colorisme-conseil.

Couleurs dans la ville

Maquette du quartier de La Hayes aux Moines de Créteil, de Jean-Philippe Lenclos. 1970 © photo Caroline Paux/PdF 2017
Dans les années 1970, une seconde génération de coloristes, André Lemonnier, Jean-Philippe Lenclos, Michel et France Cler, Victor Grillo, Fabio Rieti, Ryoichi Shigeta, lance des programmes entiers de construction de villes nouvelles et de banlieues, de grands équipements routiers et d’espaces publics.

La couleur devient un signe privilégié d’identification de la ville post-moderne.

La plupart du temps, les coloristes vont tenter de rompre la monotonie et l’uniformité de ces quartiers naissants en développant des propositions multicolorées s’appuyant sur l’environnement paysager.

Gouache sur Canson et collage sur carton sur le thème de la géographie de la couleur réalisée par Jean-Philippe Lenclos. Couleurs d’Irlande © photo Caroline Paux/PdF 2017
Le secteur industriel en polychromie

Le secteur industriel est aussi un terrain privilégié pour les coloristes-conseil. Ils proposent, pour le traitement des façades des usines, des palettes de couleurs en harmonie avec l’environnement naturel. Ils estompent ainsi la présence du bâti (comme le Centre atomique de La Hague). Parfois, au contraire, ils choisissent une gamme de couleurs en contraste avec le site, répondant à un code couleur technique ou à une proposition esthétique (le Terminal des méthaniers, l’Usine Maxima, le Chantier Naval Gondolys).

 Les coloristes investissent de vastes zones industrielles, des cuves monumentales, des tuyauteries et de superstructures qu’ils métamorphoseront par la couleur. Leurs projets codifient les gestes du travail, renforcent la sécurité, contribuent à la gestion des circulations, clarifient la signalétique, amènent l’apaisement dans les salles de repos comme le dynamisme dans les ateliers…

Une nouvelle donation du couple Lemonnier

L’exposition « Éloge de la couleur » permet à La Piscine de mettre en avant une seconde donation, d’André et Monique Lemonnier, deux artistes de la couleur architecturale. Ils ont offert à La Piscine une part importante des applications de leurs recherches, qui avait déjà fait l’objet d’une exposition en 2011. En 2016, le couple a souhaité compléter leur première donation. Ils ont légué un ensemble significatif de toiles peintes d’André Lemonnier et des créations textiles de Monique Lemonnier dont plusieurs sont exposées.

La Piscine s’agrandit

Le musée de La Piscine, joyaux de l’Art Déco à Roubaix © photo Caroline Paux/ PdF 2017
Le musée de La Piscine - Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix, s’est installée dans l’ancienne piscine municipale.

Un joyaux de l’art déco, construit au début des années trente et fermé en 1985 pour des raisons de sécurité.

Le musée a ouvert ses portes en octobre 2001 et a déjà accueilli plus de trois millions de visiteurs. Depuis fin 2016, des travaux d’agrandissement ont été lancés permettant la création de trois nouveaux espaces : une aile neuve incluant une seconde salle d’exposition temporaire, un panorama de la sculpture moderne et une évocation de l’histoire de la ville, une nouvelle galerie dédiée aux artistes du Groupe de Roubaix et deux grands ateliers de pratiques artistiques pour différents publics.

L’inauguration de ces nouveaux espaces est prévue à l’automne 2018.

Caroline Paux

Autres expositions temporaires à La Piscine

• Accrochage textile et mode en couleur… Clin d’œil habituel des accrochages mode et textile aux expositions temporaires, les cabines du premier étage du bassin de La Piscine se mettent, elles aussi, à la couleur grâce à une présentation thématique des riches collections de La Piscine.

• Ring My Bell! Deuxième édition du Prix de Céramique de Petite Forme, Expression Terre 2016 de l’École d’Art de Douai. Poursuivant son travail d’exposition et de réflexion sur l’actualité de l’art de la terre, La Piscine présente les 42 cloches, réalisées par 23 céramistes, et sélectionnées pour le jury final à l’automne 2015.

 

A venir

• Carolyn Carlson, Writing on Water, du 1er juillet au 24 se^ptembre. Expositions de dessins de la danseuse-chorégraphe américaine, qui fut pendant ç ans, directrice du Centre chorégraphique national de Roubaix-Nord Pas-de-Calais. • Annick Verley, l’Absente : l’adieu aux armes, du 30 mai au 10 septembre, dans le cadre de la commémoration de la Première Guerre Mondiale.

Informations pratiques

“l’Éloge de la Couleur”

Du 1er avril au 11 juin 2017

Commissariat: Cloé Pitiot, Conservatrice au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, Marion Guibert, attachée de conservation, Sylvette Botella-Gaudichon, attachée de conservation de La Piscine.

• Horaires d’ouverture: du mardi au jeudi de 11 h à 18 h, le vendredi de 11 h à 20 h, les samedis et dimanches de 13 h à 18 h.

• Tarifs: Billet couplé expositions temporaires et collections permanentes : 5,50 € / 4 €

- La Piscine - Musée d’art et d’industrie André Diligent,

23, rue de l’Espérance

59 100 Roubaix



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