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La mémoire du Palais Rose

Archives / Ventes aux Enchères
La mémoire du Palais Rose

Il était une fois un palais tout rose, né de l’union mal assortie d’un dandy de la Belle Époque et d’une richissime héritière américaine. Sa façade de marbre, inspirée du Grand Trianon, s’élevait à l’angle des avenues Foch et Malakoff et son vestibule accueillait la copie conforme de l’escalier des Ambassadeurs. Le 7 mars 2017

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La mémoire du Palais Rose

vendredi 24 février 2017
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Photo d'archives la façade du Palais Rose à Paris
Ce rêve rose ne dura que quelques années. Après son divorce d’avec Anna Gould, Boni de Castellane, puisque c’est de lui qu’il s’agit, dût quitter son beau palais. Il sera vendu à la mort d’Anna, en 1961 avant de tomber cinq ans plus tard sous les béliers des démolisseurs, avec la bénédiction des héritiers et dans l’indifférence des défenseurs du Paris historique qui ne voient alors dans ce joyau 1900 qu’un pastiche louisquatorzien sans grand intérêt.

Une barre d’immeuble, d’une rare laideur se dresse aujourd’hui à la place du palais de marbre.

Quant au contenu, il fut partagé entre les héritiers et se retrouve parfois sur le marché des enchères, au fil des successions. En l’occurrence celle de Diane de Castellane, petite fille de Boni et Anna, dispersée dans quelques jours chez Christie’s.

N° 140 Attribué à André Charles Boulle, c. 1700. Console d’appui en marqueterie
de cuivre et d’écaille sur placage d’ébène, L: 133 cm. P: 54 cm. Est. 300 000 – 500 000 € © Christie’s Images Ltd. 2017
Quelques meubles en marqueterie de Boulle cuivre et écaille font écho à l’architecture Grand Siècle du bâtiment. La plus remarquable est une paire de bibliothèques basses, un modèle de Boulle lui-même, interprété par Delorme vers 1770, estimées autour du million d’euros. Dans le même esprit, on retiendra une paire de meubles d’appui de Levasseur, affichés 600/800 000 €, une console début XVIIIe créditée de 300/500 000€ et une paire de coffres attendus entre 150 000 et 250 000 €.

Outre ces meubles de parade, voulus par Boni, la collection contient des objets plus personnels dont le plus étonnant est un nécessaire de bureau en forme de jardin japonais exécuté par Cartier pour Anna en 1926 : corail, quartz, lapis et autres pierres fines, dont la valeur entre 1 et 1,5 millions d’euros, tient autant à la qualité d’exécution qu’à la préciosité des matériaux et à l’originalité du modèle.

N° 46 Francesco Guardi (1712-1793)
La place Saint-Marc avec la basilique et le campanile
huile sur toile
69,8 x 101,9 cm. (27 ½ x 40 1/8 in.) Est. 4 000 000 – 6 000 000 € © Christie’s Images Ltd. 2017
Mais la pièce phare de la vente, en dehors de ces critères, est la grande “Place Saint Marc“ de Francesco Guardi, que Diane de Castellane avait installée au centre de son grand salon et qui pourrait s’adjuger entre quatre et six millions d’euros.

La vente comporte 275 lots d’une grande variété de styles et d’époques, qui reflètent le goût aristocratique du début du XXe siècle, plus orienté vers les styles du XVIIIe siècle, que vers la modernité.  A part quelques pendulettes Cartier, c’est la rocaille Louis XV qui domine : bronzes dorés, porcelaines montées, cassolettes, flambeaux, pots pourris, d’époque ou de style (on s’en fiche un peu à l’époque) mais toujours de qualité.

Des livres aussi, et beaucoup de dessins et tableaux bien sûr parmi...

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