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La Révolution dans les assiettes

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La Révolution dans les assiettes

Mieux que toutes les analyses des philosophes et les critiques des historiens, les faïences dites “patriotiques“ de l’époque révolutionnaire reflètent l’état d’esprit des Français qui ont vécu les événements de la fin du XVIIIe siècle, et l’évolution de leur mentalité. La vente présentée le 7 novembre à l’Hôtel Drouot présente un échantillonnage bien représentatif de cette production unique en son genre dans l’Histoire. Exposition du jeudi 5 au samedi 7 à partir de 11h

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La Révolution dans les assiettes

mercredi 04 novembre 2015
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Contrairement à ce qu’on croit parfois, les faïences révolutionnaires ne sont pas des instruments d’information ni de propagande, elles illustrent des idées plus que des événements et l’évolution de l’opinion populaire sous la pression des événements.

Sorties principalement – mais pas uniquement -des fours de Nevers, facilement diffusables à travers le pays par la batelerie de Loire, elles s’adressent à une clientèle populaire et paysanne, elles sont destinées à orner les murs de la salle de ferme, ou les rayons du vaisselier, on ne s’en sert pas pour l’usage quotidien.

Cela commence dès la réunion des Etats Généraux en juin 1789, censée concrétiser l’union des Français représentée par celle Trois Ordres. Ce que l’imagerie populaire traduit par une crosse symbolisant le Clergé, une épée la Noblesse, une bêche, une faux ou une gerbe de blé pour le Tiers Etat, le tout coiffé par la couronne royale. Cet hymne à l’harmonie semble perdurer après le 14 juillet et les journées d’octobre, même s’il n’est pas facile de dater les faïences avec précision.

Avec le déroulement des événements, d’autres idées se font jour : la liberté, symbolisée par un bonnet phrygien, un oiseau s’échappant d’une cage ouverte, ou un paysan portant une banderole, la Nation, les droits de l’homme, plus rarement l’égalité, ou même la vertu concept abstrait et un peu flou.

Après septembre 1791 on voit arriver des décors à la gloire de la Constitution.

114- Assiette Je suis las de les porter, le paysan appuyé sur sa bêche porte comme un fardeau la croix du clergé et l’épée nobiliaire : je D. 22,5cm, estimé 1000/1200 €.
C’est progressivement que monte dans la population un sentiment antinobiliaire et anticlérical, mais pas encore antimonarchiste et encore moins républicain : le paysan portant une bêche et une croix : je suis las de les porter.

La Constitution Civile du Clergé en 1790 et l’obligation pour les prêtres de lui jurer fidélité provoque de sévères crispations, et des doutes sur la sincérité dudit serment. Apparaissent alors des assiettes rébus montrant un curé devant une haie : Je jure de maintenir la constitution &…(et la hais) soupçonnant de duplicité les prêtres jureurs.

Mais les violences sont rares au fond de ces assiettes “engagées“ dont les slogans restent plus défensifs qu’offensifs, même après la déclaration de guerre au début de l’année 1792.

Un coq sur un canon qui “veille sur la Nation“, un lion rugissant, un grenadier en faction, des appels à la vigilance et des appels à la paix !

C’est ce côté pacifiste, cette recherche d’harmonie et de fraternité, qui étonnent le plus dans cette période d’affrontement social, d’extrême violence et de déclarations tonitruantes.

On ne trouve pas (ou alors il s’agit de faux) d’assiettes à la guillotine, encore moins des représentations de l’exécution du roi, ni de l’assassinat de Marat, ni de défilés de têtes au bout de piques.

98- Rare assiette à la Bastille, montrant la maison du gouverneur en feu et les assaillants triomphants au sommet des tours. D. 23cm, estimé 500/600 €.
De rares images de la Bastille, sans les combats qui accompagnent la prise de la forteresse, pas non plus de représentations des grandes figures de l’époque, à part Mirabeau (après sa mort) du temps où il apparaissait comme un conciliateur, un trait d’union entre le roi et la nation. Un hommage au Père Duchêne (le journal ordurier de Jacques Hébert) est unique en son genre, sur une assiette sans doute de commande, mais Marat, Danton, Robespierre, Saint Just, sont totalement absents du répertoire des faïences patriotiques.

À l’époque, mieux valait être prudent et les décors patriotiques ne sont guère compromettants. Certains sont à double sens, mais il existe aussi des pièces ouvertement contre-révolutionnaires dont la vente du...

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Diaporama

Jatte au décor inédit, pièce de commande qui reprend un des articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : L’obéissance Aux loix Est le Premier devoir De l’homme. 1791. La présence des trois points maçonnique n’est pas rare sur les faïences patriotiques, la maçonnerie est alors en pleine expansion. D. 28cm, estimé 3000/4000 €.
Assiette W la liberté, dans un médaillon encadré d’une croix papale à trois barres horizontales, d’une épée, et d’un bonnet phrygien au bout d’une pique, la couronne royale a disparu. D.22,5cm, estimé 400/500 €.
89- Assiette “a la nation“ dans un médaillon encadré de drapeaux et coiffé d’un bonnet phrygien. D.22,7cm estimé 500/600 €.
89- Assiette “a la nation“ dans un médaillon encadré de drapeaux et coiffé d’un bonnet phrygien. D.22,7cm estimé 500/600 €.
96- Assiette avec allégorie de la Liberté avec un lion rugissant et une borne aux droits de l’homme. D. 23cm, estimé 3000/4000 €.
98- Rare assiette à la Bastille, montrant la maison du gouverneur en feu et les assaillants triomphants au sommet des tours. D. 23cm, estimé 500/600 €.
99- Assiette au prêtre jureur,  Je jure fidélité à la constitution & “la haie“ D. 23cm, estimé 1000/1200 €.
109- Jatte à décor contre révolutionnaire W la noble race des Bourbons. D. 29cm, estimé 3000/4000 €.
174- Jatte au Pont de Nevers à la gloire de la République, montrant un garde national montant la garde, datée 1793, D. 31,5cm, estimé 6000/8000 €.
114- Assiette Je suis las de les porter, le paysan appuyé sur sa bêche porte comme un fardeau la croix du clergé et l’épée nobiliaire : je D. 22,5cm, estimé 1000/1200 €.
146- Jatte au coq vigilant juché sur un canon : je veille pour la nation. D. 34,5cm, estimé 1000/1200 €.
180 – Jatte Chantons a ça ira, le paysan reste accompagné par la crosse épiscopale et l’épée de l’aristocrate qu’il n’est pas encore question de pendre à la lanterne. D.29cm, estimé 2000/3000 €.
154- Assiette à la cocarde nationale, à la gloire de la Liberté, de la Constitution et de Louis XVI, restaurateur de la liberté, D. 22,5cm, estimé 6000/8000 €.
187- Jatte W la convoquasion nacionale 1792. Référence aux élections à la Convention après la chute de la monarchie en août 1792. D. 29cm, estimé 2000/3000 €.
114- Assiette Je suis las de les porter, le paysan appuyé sur sa bêche porte comme un fardeau la croix du clergé et l’épée nobiliaire : je D. 22,5cm, estimé 1000/1200 €.
98- Rare assiette à la Bastille, montrant la maison du gouverneur en feu et les assaillants triomphants au sommet des tours. D. 23cm, estimé 500/600 €.
187- Jatte W la convoquasion nacionale 1792. Référence aux élections à la Convention après la chute de la monarchie en août 1792. D. 29cm, estimé 2000/3000 €.

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