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Les Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

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Les Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

L'exposition qui débute à l'écomusée de Rennes rappelle combien la lande bretonne est superbe et doit être préservée. Retour sur son histoire et toujours une promesse d'avenir pour les générations futures. Jusqu'au 26 août 2018

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Les Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

vendredi 29 décembre 2017
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Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

Les Landes de Tréhorenteuc (Morbihan) Cl. Alain Amet - Écomusée du pays de Rennes
Pour ceux qui s'imaginent une terre plate et un morne horizon, ils vont avoir des surprises !
L’exposition révèle d’extraordinaires richesses naturelles, humaines, agricoles, historiques…

Et si de nombreuses erreurs furent commises dans le passé, les différentes parties de l'exposition insistent sur ce qu'il convient de réaliser aujourd'hui et le meilleur comportement à adopter.
Quatre grands thèmes - la nature, l’agriculture, la culture et l’histoire de la disparition progressive des landes- se déploient sur 330 m2, apportant ainsi une connaissance précieuse des landes présentes dans les cinq départements de la Bretagne historique : Ille-et-Vilaine, Morbihan, Finistère, Côtes-d’Armor et Loire-Atlantique.
Elle présente les particularités naturalistes ainsi que les données ethnologiques et historiques d’un système agricole emblématique de cette partie bretonne.

Les landes attachées à la société paysanne

Retour à la ferme avec la litière coupée dans la lande Cl. Frères Géniaux. Coll. Écomusée du pays de Rennes, musée de Bretagne
Pourquoi et comment le paysage breton a été sculpté par une agriculture qui a créé, entretenu puis détruit de grandes surfaces de landes. La diversité de ces
espaces incultes, souvent pâturés, explique le maintien d’une petite agriculture bretonne jusqu’aux années 1960.
Un patrimoine naturel préservé : une végétation et une faune originale
Les ajoncs et les bruyères composent avec quelques graminées les paysages de landes, sur le littoral comme à l’intérieur des terres. On remarque que les ajoncs n’ont pas de feuilles mais des épines, ce qui est un bon moyen de défense contre beaucoup d’herbivores. Les bruyères, quant à elles, s’associent à des champignons dont l’appareil végétatif pénètre leurs racines. Leurs petites feuilles coriaces et à haute teneur en tanins sont peu attractives pour les herbivores.

On voit peu de papillons en se promenant dans les landes. Mais, après le crépuscule, ce sont plus de 120 espèces différentes de papillons de nuit qui peuvent être découvertes sur quelques dizaines d’hectares.
La majorité des landes bretonnes tire son origine d’une action humaine très ancienne qui, si elle a connu des phases de régression, s’est poursuivie jusqu’à la fin du Moyen Âge.
L’équilibre trouvé à partir du XIIIe siècle entre les espaces de culture, de forêt et de lieux incultes mais pâturés perdura pratiquement jusqu’au milieu du XIXe siècle et parfois même au-delà.

Tracteur Fordson qui a incarné la motorisation de l’agriculture. Fabriqué en 1932 il était utilisé à la ferme de la Bintinais dès 1935. Coll. Écomusée du pays de Rennes, musée de Bretagne
Les grands défrichements


Sous l’influence d’agronomes proposant de transformer les modes d’exploitation de la terre, les nouvelles classes dirigeantes s’engagèrent dès le début du XIXe siècle dans un
vaste travail de réflexion, de constitution d’associations et d’expériences de « mise en valeur » des landes (culture et boisement).
Une nette évolution dans la production des plantes fourragères annuelles (betterave, choux, colza) et la création de prairies à base de graminées (ray-grass) et de légumineuses (trèfle) permis le développement de l’élevage bovin. Les outils, les techniques et les infrastructures connurent aussi une évolution considérable.


Les landes sources d’inspiration pour les écrivains et les peintres


La fontaine Saint-Matthieu [ou les Tas de Pois], Gouache, Yvonne Jean-Haffen Coll. musée Yvonne Jean-Haffen - Maison d’artiste de la Grande-Vigne, Dinan
  Les grands espaces des landes intérieures ont inspiré quelques œuvres importantes à des peintres de la seconde moitié du XIXe siècle
(Ségé, Saintin, Luminais, Blin), mais c’est surtout sur le littoral que les landes inspirent presque tous les paysagistes (Monet, Moret, Rivière, Frelaut, Yvonne-Jean Haffen, etc.).
Il faut dire que , jusqu’au milieu du XXe siècle, les landes sont encore bien présentes un peu partout et qu’il est donc difficile  de peindre la Bretagne sans qu’elles s’invitent sur la toile.

De nombreuses œuvres littéraires évoquent les landes. L'un des plus célèbres auteurs, François-René de Chateaubriand (1768-1848) en a fait le cadre magique de ses souvenirs d’enfance en Bretagne : « les bruyères sont mon nid et mes moissons ; leur fleur d’indigence et de solitude est la seule qui ne soit pas fanée à la boutonnière de mon habit ».
Les monts d’Arrée, vue du Roc’h Tréudon Cl. Hervé Ronné - Écomusée du pays de Rennes
Autre écrivain breton, Charles Le Quintrec (1926-2008), natif de Plescop dans le Morbihan ne s'en lasse pas : « Les landes les plus déshéritées m’ont fait une patrie d’enfance. Je n’en veux pas d’autre. J’ai tout tiré de cette terre-là, tout, depuis la lumière qui me rassure, jusqu’au ciel que je vois dans les yeux de mes amis. Je suis de la lande comme d’autres sont de la mer ».
Pour certains, tel Ernest Renan (1823-1892), les landes n’ont rien de vital, bien au contraire, puisqu’il évoque dans ses Souvenirs d’enfance et de jeunesse des chapelles « toujours solitaires, isolées dans des landes, au milieu des rochers ou dans des terrains vagues tout à fait déserts. Le vent courant sur les bruyères, gémissant dans les genêts, me causait de folles terreurs ».
Lande littorale de la pointe de Brézellec au Cap Sizun (Finistère) Cl. René-Pierre Bolan, Coll. photothèque Bretagne Vivante
Dans Mon frère Yves, Pierre Loti évoque les Landes « Au détour d’un rocher, la pluie cesse comme le vent et, du même coup, tout change d’aspect. Nous découvrons à perte
de vue un grand pays plat, une lande aride, nue comme un désert : le vieux pays de Léon ».
Fort heureusement, au début du XXe siècle, des écrivains vont redonner ses lettres de noblesse à la lande.
Plusieurs d’entre eux jouent sur le paradoxe de ces terres pauvres se couvrant d’or. Yves Le Febvre (1874-1959) a donné une place importante au paysage dans son roman Clauda Jégou paysan de l’Arrée (1936) ainsi que dans son recueil de nouvelles Sur la pente sauvage de l’Arez (1912) où il écrivait : « Les landes en
fleur laissaient pleuvoir toute une fortune fluide sur leur pauvreté. Il y en avait partout, autour d’eux, et, dans le lointain, les « Kragou », avec leur ossature morne et rude semblaient la charrue qui avait labouré les vastes champs dorés de la montagne ».

Cette marre est l’outil le plus répandu pour arracher des mottes Coll. Écomusée du pays de Rennes, musée de Bretagne
5 siècles d’histoire

Un paysage et les traditions qui l'ont fait vivre à découvrir ou redécouvrir à l’Écomusée du pays de Rennes qui, depuis 1987, se consacre à la préservation et la diffusion
du patrimoine rennais.
Labellisé Musée de France.il est aménagé dans l’ancienne ferme de la Bintinais, véritable témoin de l'histoire locale il dresse le portrait des ruraux et des urbains qui ont
vécu ici, et retrace leur vie sociale, l’alimentation, le cadre de vie, l’habitat en terre, les productions agricoles.
Pièces à vivre, cellier, laiterie, costumes, machines, outils, meubles tout est reconstitué pour apporter au mieux le cadre de vie à l'ancienne.

Informations pratiques

Les Landes de Bretagne, un patrimoine vivant

Du 25 novembre 2017 au 26 août 2018

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