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MIRANDA

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Miranda revient pour régler ses comptes, avec son père, son mari et le temps. Le nouveau spectacle de L’Opéra Comique est un bijou, beau comme un diamant brut. Les accents de la musique de Purcell, magnifié par la direction de Raphaël Pichon et la mise en scène inspirée de Katie Mitchell nous touchent en plein cœur. Par Marie Laure Atinault Les 27, 29 septembre et les 3 et 5 octobre 2017

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MIRANDA

mardi 26 septembre 2017
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MIRANDA, semi-Opéra d’après Shakespeare et Purcell © photo Pierre Grosbois
La Tempête est non seulement la dernière pièce de William Shakespeare, mais également la plus singulière. Miranda est la seule femme de cette pièce. Elle est la fille de Prospero, elle est avec son père exilée sur une île, loin de tout et de la civilisation. Prospero est exilé, il a dû abandonner le duché de Milan. Grâce à la magie, un bateau échoue suite à une violente tempête. Ferdinand, le prince héritier du trône de Naples est l’un des rescapés.

Il deviendra l’époux de Miranda, selon les vœux de son père. L’exil est fini.

Nous retrouvons les habitants de cette île, 15 ans plus tard.

MIRANDA, semi-Opéra d’après Shakespeare et Purcell © photo Pierre Grosbois
Tristes retrouvailles puisque ils sont réunis pour les obsèques de Miranda. Elle a disparu en pleine mer.

Miranda, personnage à la fois central et effacé de la pièce de Shakespeare, prend le pouvoir dans ce semi opéra. Elle gagne ici ses galons de personnage principal et décide de l’action. Elle  a simulé sa mort. Elle veut se venger d’une vie où elle ne fut  qu’un pion dans les mains de son père, puis de son époux. Elle veut que l’on sache qu’elle fut exilée, violée, mariée trop jeune. Elle est l’instigatrice de la pièce, elle prend le pouvoir.

Nous sommes dans une église moderne de la côte du Suffolk, en Angleterre. Nous assistons aux préparatifs des funérailles. Des bénévoles installent les fleurs, les cierges et les missels.

La famille arrive. Miranda et Fernand ont un fils Anthony. Depuis la mort de sa mère, il ne parle à personne. Sauf à Anna, la jeune femme de Prospero. Anna est enceinte, mais elle est malheureuse, Prospero est un mari dur.

MIRANDA, semi-Opéra d’après Shakespeare et Purcell © photo Pierre Grosbois
La cérémonie grave et recueillie commence. Mais une mariée voilée perturbe l’ordonnance établie. Elle s’avance et annonce aux fidèles qu’ils vont assister à la véritable histoire de Miranda.

L’exil, le viol et un mariage forcé. Miranda se dévoile, elle assène sa vérité à son père Prospero, qui ne veut rien entendre. La parole libère Miranda trop longtemps prisonnière de ces asservissements. Elle part avec son fils. Prospero a-t-il compris cette révolte ?

Raphaël Pichon, Cordélia Lynn  et Katie Mitchell nous convient à une aventure extraordinaire. Ils créent une forme inédite le semi opéra, mélange de parlé et chanté. Un livret moderne avec une musique du XVII siècle. Le chef d’orchestre Raphaël Pichon connaît bien Henry Purcell (1659/1695). *

Il était à la mode à l’époque de faire des opéras à partir des pièces et notamment de Shakespeare. Or ce répertoire est tombé en désuétude. Raphaël Pichon sait que dans les œuvres de Purcell foisonnent  des pépites, et le talentueux chef d’orchestre nous parle d’absolus chefs-d’œuvre. Il veut rendre justice à ces chefs-d’œuvre oubliés dans ce spectacle d’une intelligence éblouissante. Le trio Raphaël Pichon-Katie Mitchell-Cordelia Lynn nous offre un passionnant spectacle qui allie la musique du XVII siècle et des dialogues parlés et modernes.

MIRANDA, semi-Opéra d’après Shakespeare et Purcell © photo Pierre Grosbois
La mise en scène de Katie Mitchell est sobre, précise. Le décor est celui d’une église moderne, tout en béton avec un mobilier épuré et longiligne. Une grande croix traitée comme une meurtrière dans le mur, dispense une lumière douce et tamisée. Nous sommes enveloppés par le recueillement des fidèles, émus par la peine indicible d’Anthony. La colère juste de Miranda ébranle le souffle des cierges. Nous sommes à l’unisson des personnages....

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