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Vermeer et les maîtres de la peinture de genre

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Vermeer et les maîtres de la peinture de genre

Une exposition Vermeer, c’est toujours un événement, même si le maître de Delft n’est pas l’unique héros de ce nouvel accrochage du Louvre. Il permet au contraire de le replacer dans son temps et son contexte. Du 22 février au 22 mai 2017

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Vermeer et les maîtres de la peinture de genre

mercredi 01 mars 2017
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Vermeer dans son temps

Johannes Vermeer, La Lettre, vers 1670. Huile sur toile. 72,2 x 59,7 cm. Dublin, National Gallery of Ireland, Sir Alfred et Lady Beit, 1987 (Beit Collection) © Dublin, National Gallery of Ireland
Ses “redécouvreurs“ du XIXe siècle l’avaient surnommé “le sphinx de Delft“ tant  cet artiste alors inconnu leur semblait énigmatique, simplement parce qu’il était tombé dans l’oubli, comme Le Nain, La Tour et tant d’autres condamnés au purgatoire après leur mort.

L’exposition du Louvre montre au contraire que, loin d’être isolé, Johannes Vermeer s’inscrit dans ce courant artistique qu’on a qualifié de “Siècle d’or hollandais“. qui va de la constitution des Provinces Unies après l’indépendance conquise sur les Espagnols en 1588, à la guerre avec la France de Louis XIV qui voit en 1674 le retour au stathoudérat de Guillaume d’Orange.

Les artistes de cette république calviniste ne bénéficient  évidemment pas des riches commanditaires que sont, dans les monarchies catholiques, le prince et le clergé.

Loin de l’ostentation versaillaise, ils peignent la vie modeste et laborieuse, de la bourgeoisie commerçante et le simple décor de leur atelier.

Un genre qui annonce Chardin et trouve déjà son écho dans la France de Louis XIV avec les frères Le Nain.

 

La répétition des mêmes thèmes, fait aussi apparaître un étrange parallélisme entre les artistes, qui fait bien ressortir les qualités de chacun et l’incontestable supériorité du maître de Delft. Pieter de Hooch, Gabriel Metsu, Gérard Ter Borch, Nicolas Maes, Gérard Dou, Frans Van Mieris, Caspar Netscher et les autres, sont tous d’excellents peintres, Johannes Vermeer, lui, est un génie qui transcende les sujets.

 

Pieter de Hooch, La Peseuse d’or, vers 1664. Huile sur toile. 61 x 53 cm. Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Preußischer Kulturbesitz, Gemäldegalerie / Property of Kaiser Friedrich Museumsverein © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P.Anders
Le rapprochement le plus éloquent est celui des deux “Peseuse d’or“, celle de Pieter de Hooch et celle de Vermeer, peintes la même année dans le même format.
Même éclairage par la même fenêtre de gauche, même mise en scène, même geste de la jeune femme tenant le léger trébuchet d’orfèvre, jusqu’au même mantelet de velours bleu bordé de blanc, sur la robe brun rouge, mais pas la même lumière : Vermeer noie dans l’ombre les détails du vêtement et du décor, pour concentrer le regard sur le visage et les mains de la femme, visiblement enceinte (sa propre femme sans doute, qui lui donna onze enfants !).

Johannes Vermeer, Femme à la balance, vers 1664. Huile sur toile. 40,3 x 35,6 cm. Washington, National Gallery of Art, Widener Collection © Washington, National Gallery of Art
Ces deux toiles quasi symétriques sont les plus flagrantes, mais la même observation peut se faire sur d’autres sujets récurrents : la Lettre, la Laitière, la Dentellière, la Joueuse de clavecin, la Femme au collier...

 

L’exposition du Louvre permet  aussi de réunir à nouveau “l’Astronome“ du Louvre et “le Géographe“ du Städelsches Kunstinstitut de Francfort, toiles jumelles, de mêmes dimensions et de même inspiration, séparées depuis la fin du XVIIIe s.

Johannes Vermeer, Le Géographe, 1669. Huile sur toile. 51,6 x 45,4 cm. Francfort, Städelsches Kunstinstitut © Städel Museum - ARTOTHEK
Dans des cadres malheureusement différents, la large marqueterie fleurie du Louvre semble trop imposante par rapport à la simple bordure moulurée en ébène du musée allemand, identique aux cadre qui apparaissent à l’intérieur de chacune des peintures.

 

Françoise Deflassieux

ATTENTION. L’entrée au musée ne donne pas droit à l’entrée à l’exposition

Elle se fait exclusivement sur réservation d’un créneau horaire de visite. A retirer sur place à la billetterie, ou en ligne depuis le lundi 6 mars, en même temps que l’achat du billet d’entrée. Le Louvre vous garantit  l’entrée dans l’exposition, dans les 45 min environ qui suivent votre horaire d’accès.


Le succès de l’expo a en effet entrainé dans les premiers jours une affluence inattendue et certaine pagaille.

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