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 Vivre la tradition, au présent, à Montpellier

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Vivre la tradition, au présent, à Montpellier

Une cave durable au milieu des vignes « Les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison » affirme Gide dans son journal. Au cœur du Montpellier du XXIe siècle, le château de Flaugergues offre ce qu’une « folle dépense » du XVIIIe donne à voir aujourd’hui. Par Guy Hébert

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Vivre la tradition, au présent, à Montpellier

mardi 25 juillet 2017
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A Montpellier, au château de Flaugergues, la tradition se vit au présent

Visite des vignes du Château de Flaugergues © château de Flaugergues.
Cette délicieuse Folie, demeure de plaisance au style toscan de plus de 300 ans, noyée dans un îlot de verdure, témoigne de l’élégance du siècle des Lumières. Et, en même temps, depuis 1972, Henri et Brigitte de Colbert, propriétaires du domaine, ont su conjuguer maintien de la tradition et dynamisme entrepreneurial. A travers un vignoble de 25ha qui produit des vins de terroir, sous la houlette de Pierre De Colbert. Mais aussi en ouvrant la propriété aux visiteurs du monde entier, des enfants des écoles aux hédonistes qui viennent, après le travail, finir en pente douce les soirées languedociennes.

A tout moment, Flaugergues mérite une pause gourmande et/ou  patrimoniale. Le guide vert lui a attribué une 2ème étoile en 2016 et, cette année, Henri et Brigitte de Colbert ont reçu la médaille d’or du tourisme.

Un peu d’histoire

C’est en 1696 qu’Étienne de Flaugergues, conseiller à la cour des comptes de Montpellier, fait l’acquisition d’un domaine et d’une « maison des champs ». Il l’agrandit, l’embellit pour lui donner l’aspect d’une villa italienne, avec cyprès, terrasses et bassins. Dix générations s’y succéderont et y laisseront une grande partie de son mobilier d’époque. De quoi imaginer la vie des notables de différentes périodes de l’histoire, comme sous l’Empire, avec les Boussairolles.

Aujourd’hui, tous les espaces s’animent à l’occasion d’expositions, de concerts, de théâtres ou de fêtes de famille. Les visites permettent la découverte des jardins, du château ou du vignoble, avec sa nouvelle cave. Les surprises ne manquent pas dans la demeure des propriétaires, où sont stockées 800 ans d’histoire familiale.

L'escalier remarquable du Château de Flaugergues © château de Flaugergues.
A noter l’escalier monumental à clefs pendantes, style XVIIe siècle avec un défaut masqué par un petit dauphin, flanqué de ses tapisseries flamandes. Dans la salle à manger, le couvert est dressé avec un service de collection. Le mobilier du salon, raffiné, présente une table mosaïque de 177 marbres différents.


Autres centres d’intérêt, la salle d’arme et surtout le cabinet de curiosités, ce petit musée où, depuis le XVII siècle, on place des objets singuliers. Un zograscope de la fin du XVIIIe siècle en fait partie. Cet appareil d’optique permet de visionner, en relief, 70 vues gravées, illustrant paysages et architectures de toute l’Europe, dont des gravures de Rome par Le Piranèse.

L'Orangerie du Château de Flaugergues © château de Flaugergues.
Quant aux jardins et au parc, classés monuments historiques en 1986, ils ont reçu le label « jardin remarquable », en 2004. En parcourant ses allées, on pourra songer à la longue histoire de ces terres méditerranéennes. La présence de la vigne et des oliviers datent de l’époque romaine. Au XIIIe siècle, les terres sont cultivées par les moines de l’ordre de Gramont. En 1700, Étienne de Flaugergues aménage terrasses, jardins à la française et allée d’oliviers. Puis chaque propriétaire fait évoluer l’ensemble.

Au milieu du XIXe siècle, Charles de Boussairoles crée l’orangerie et le jardin à l’anglaise.


Le parterre de buis dans le parc du Château de Flaugergues © château de Flaugergues.
Le parc paysager s’enrichit d’espèces du monde entier introduites par le botaniste Charles de Saizieu. Depuis 1980, Henri et Brigitte de Colbert repensent les terrasses et recréent un jardin à la Française, supprimé au XIXe. Dessiné par le paysagiste Emmanuel de Sauveboeuf, c’est en famille que sont plantés les 10 000 buis. Avec au milieu, un bi-dodécaèdre, véritable horloge solaire du siècle des Lumières.

Superbe résultat, à défaut de reconstituer le jardin d’origine. « Nous avons retrouvé les plans, trois mois après, au château de la Mogère » avoue Brigitte qui, après avoir assuré la réfection du vignoble, de l’allée d’Oliviers, de la bambouseraie ou la création d’un jardin des cinq sens, songe aujourd’hui à planter pour protéger la perspective de la grande allée des nouvelles et futures constructions de la ville, à accroître la présence de l’eau et à réaliser un théâtre de verdure.

La nouvelle cave du Château...

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