Patrimoine de France

Anne Morgan à Blérancourt

Lieux de Mémoire
Anne Morgan à Blérancourt

La rénovation du château de Blérancourt dont profite le musée franco-américain, permet à celui-ci de remettre en lumière une page de son histoire trop méconnue des jeunes générations. Elle invite à mieux connaître le combat d'une héroïne américaine venue sauver des vies françaises. En Picardie Par François Rousseau

Close the overlay

Anne Morgan à Blérancourt

samedi 08 juillet 2017
Contenu réservé aux abonnés
Premium

Le château de Blérancourt un vaste domaine qu'elle investira pour aider la population © photo PdF 2017
Un engagement de première heure

Née en 1873 à Highland Falls dans l’État de New York, Anne Tracy Morgan est la fille du célèbre banquier américain John Pierpont Morgan. Dès 1914, elle se mobilise en faveur des populations civiles françaises et crée en avril 1917, avec son amie Anne Murray Dike, le Comité Américain pour les Régions Dévastées (C.A.R.D.) afin de venir en aide aux populations civiles de l’Aisne particulièrement touchées par les destructions et les difficultés de ravitaillement.

L’armée française lui confie en juillet le domaine de Blérancourt, situé à quelques kilomètres du front.


La fameuse ambulance dont il reste un exemplaire dans un état de conservation exceptionnel à Blérancourt © photo PdF 2017
De 1917 à 1924, le C.A.R.D. mène dans le Soissonnais une action de reconstruction exemplaire qui vise à rebâtir ce territoire sur le plan économique, mais aussi éducatif, social et moral. 350 bénévoles américaines qui ont passé leur permis de conduire en France vont ainsi sillonner les routes de Picardie.

Au plus fort de l’activité en 1921, le C.A.R.D. se trouve à la tête d’un parc automobile de 63 véhicules, notamment constitué de voitures Ford et de petits camions Dodge. Dans le domaine culturel, cinq bibliothèques publiques sont créées entre 1919 et 1921 dans l’Aisne à Blérancourt, Vic-sur-Aisne, Anizy-le-Château, Coucy-le-Château et Soissons.

Après la victoire, Anne Morgan achète les ruines encore belles du château de Blérancourt, les restaure et y réunit les premières collections d’un musée des relations franco-américaines qu’elle lèguera à la France en 1929.

Parmi les nombreuses distinctions honorifiques – Mérite agricole, Croix de Guerre, Palmes académiques – décernées par la France, Anne Morgan reçoit la Légion d’Honneur en 1924 et est élevée au grade de Commandeur en 1932.

Elle installera son appartement dans l'une des ailes du château de Blérancourt © photo PdF 2017
En août 1939, lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, Anne Morgan est en France. Dès septembre, elle fonde le Comité Américain de Secours aux Civils (C.A.S.C.) dont une antenne est installée à Blérancourt, une autre à Revin dans les Ardennes, et une troisième à Bellac en Limousin.

Pendant la drôle de guerre (3 août 1939 - 10 mai 1940), cette association humanitaire fonctionne sensiblement comme le C.A.R.D.

Lors de l’invasion allemande, le C.A.S.C. encadre l’exode des populations civiles vers le Sud et aide à l’installation des habitants de l’Aisne en Mayenne et de ceux des Ardennes en Vendée et dans les Deux-Sèvres.

Anne Morgan quitte la France en décembre 1940 sous la pression allemande mais y revient en juin 1945, au moment de la Libération, accompagnée de nombreux volontaires américains et de neuf tonnes de matériel et de vivres. Le C.A.S.C. poursuivra son œuvre sociale et humanitaire jusqu’au début des années 1950.

Quant à Anne Morgan, elle s’éteindra le 29 janvier 1952 dans sa maison de Mount Kisco, près de New York.

François Rousseau

>> Profitez des commentaires ! Je m'abonne ! ou Je m'inscris gratuitement !<<

Patrimoine de France,
Commentaires:

Partagez cet article