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Biarritz, les multiples visages d’un patrimoine

Balade en ville
Biarritz, les multiples visages d’un patrimoine

S’il est une station balnéaire aux multiples visages, c’est bien Biarritz. Ces diverses facettes de son patrimoine ne nuisent cependant ni à son élégance, ni à son identité. Elles sont le reflet de son parcours historique, dans un harmonieux mariage des époques. Par Elizabeth Mismes

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Biarritz, les multiples visages d’un patrimoine

jeudi 07 juin 2018
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Du port de pêche à la baleine à la plage touristique

Les Crampottes © photo E.Mismes/PdF2018
« Bearitz » ainsi qu’on l’écrivait au Moyen Age, était à l’origine un petit port réputé pour la pêche à la baleine grâce à sa situation abritée et une petite plage en pente douce où les cétacés venaient s’échouer. L’activité dura jusqu’au XVIIIe siècle, tandis que les jeunes demoiselles en mantille venaient déjà se baigner avec les jeunes pêcheurs «se pêle-mêlant dans les ondes », selon ce qu’en atteste le Conseiller de Lancre en 1609. Puis vint le Siècle des Lumières, reconnaissant aux bains de mer leur vertus thérapeutiques –en quelque sorte une anticipation sur la thalassothérapie qui en fait la renommée.

De la tradition des pêcheurs, il demeure en bordure du port, les « crampottes », petites cabanes de 15 m2 alignées dans le port, au nombre de 65 aujourd’hui. Situées en contrebas de l’église Sainte Eugénie, elles figurent parmi les biens immobiliers les moins accessibles de la côte. Louées par la ville, elles sont devenues des restaurants ou des « pied-à-terre » qu’il faut parfois attendre pendant vingt ans !   

Le Rocher de la Vierge © photo E.Mismes/PdF2018
Cette activité portuaire vaut à Biarritz d’être encadrée de deux figures de proue emblématiques : le phare et le Rocher de la Vierge. Au nord de la grande plage des Basques, perché sur son promontoire, le phare guide les marins depuis 1834, à l’origine grâce à une lanterne et une lentille pensée par Augustin Fresnel. Cet éclairage sera ensuite modernisé plusieurs fois jusqu’en 2014.  

Au sud, de cette plage centrale, le Rocher de la Vierge ponctue et couronne la passerelle métallique construite au XIXe siècle suite à la destruction de la digue par la tempête. Depuis 1865, la statue veille sur les marins.

Le célèbre aquarium tout proche est, lui aussi, emblématique de la ville océane. L’écrin qui abrite ces merveilles marines est particulièrement remarquable par la pureté de son architecture Art Déco.   

Pour faire découvrir l’histoire singulière de ce port de baleiniers destiné à devenir ville impériale, le Musée Historique de Biarritz animé par une équipe de bénévoles, organise des expositions, conférences et voyages culturels qui permettent de sortir des sentiers battus d’un tourisme standardisé autour des plages et de sites les plus fréquentés. Aménagé dans le quartier du Port-Vieux dans l’ancienne église anglicane saint Andrew inaugurée par l’évêque de Londres en 1878–à l’époque le plus grand édifice anglican de France-, c’est un endroit inattendu par son architecture et son ambiance de cloître, qui vaut le détour et dont il ne faut pas manquer d’admirer le magnifique porche de style néogothique.

La station balnéaire impériale

Buste de l'Impératrice érigé dans le jardin de la chapelle impériale © photo E.Mismes/PdF2018
Venu à Biarritz en 1843, Victor Hugo, charmé, pressentait et craignait que « ce village blanc à toits roux et à contrevents verts posés sur des croupe de gazon », ne « devienne à la mode ».

Il ne s’y trompait pas, car onze ans plus tard, Eugénie de Montijo qui venait d’épouser Napoléon III, revient sur les lieux où elle avait séjourné durant son enfance. La nostalgie de l’impératrice, le coup de cœur de l’empereur, entraînent la charmante et paisible station dans le tourbillon des mondanités et les magnificences du Second Empire. Cette nouvelle « vocation » perdurera avec La Belle Époque : désormais lieu de rendez-vous des têtes couronnées, la ville s’enrichit de somptueuses bâtisses qui font aujourd’hui sa renommée.

Incontournable de l’identité aristocratique de Biarritz, l’Hôtel du Palais tel qu’on le voit aujourd’hui était à l’origine la « Villa Eugénie », résidence impériale construite en 1855. Transformée en banque puis en hôtel après la chute du Second Empire, il subit un incendie en 1903. Reconstruit peu après selon son plan d’origine en forme de E, il n’a cessé depuis 1905 d’accueillir une clientèle internationale aristocratique et fortunée avant d’être classé « palace » en 1995.  

La chapelle impériale © photo E.Mismes/PdF2018
Plus discrète est la merveilleuse petite chapelle impériale dédiée à la Vierge noire mexicaine de Guadalupe, que l’Impératrice fit édifier près du Palais en 1864, dans le contexte des opérations militaires menées par son époux au Mexique. Les styles roman-byzantin et hispano-mauresque s’y marient harmonieusement grâce au talent de l’architecte Emile Boeswilwald, disciple de Viollet-Le-Duc.  La sobriété de l’extérieur alliant la pierre et la brique ne laisse pas soupçonner l’étonnant décor intérieur, œuvre d’Alexandre-Dominique Denuelle. En peu d’espace, se côtoient les azulejos réalisés par la Manufacture de Sèvres, un plafond à caissons étoilés d’or et de vermillon entrecoupé de motifs géométriques gris, un sol carrelé orné de fleurs dans le style Redouté très à la mode à l’époque. C’est le joyau le plus discret de Biarritz, que les touristes peu avertis ignorent souvent.

Non loin de la chapelle, se trouve l’imposante église orthodoxe dédiée à Alexandre Newski, classée Monument Historique en 2016. Construite en 1890 dans le style néo-byzantin, elle est le témoin de la  présence russe à Biarritz depuis l’époque impériale. Le quartier alentour a conservé les somptueuses villas aux décors éclectiques et flamboyants construites par les touristes fortunés sous le Second Empire puis à la Belle Époque qui ont donné à la station balnéaire une élégance architecturale d’exception. Le monde des Cours européennes y séjourne régulièrement – le Prince de...

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