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Enchères: Collections Aristophil une vente inaugurale

Ventes aux Enchères
Enchères: Collections Aristophil une vente inaugurale

On ne prévoit pas moins de six ans pour disperser les quelque 130.000 lots qui constituaient le fond d’Aristophil, et indemniser en partie les victimes des agissements frauduleux de cette société “d’investissement“ qui promettait des placements juteux dans l’achat en participation de manuscrits et autographes prestigieux. Sauf que les “participants“ étant en surnombre par rapport aux prix des objets, chaque part du gâteau espéré s’en trouvant donc réduite... Par Françoise Deflassieux Exposition mardi 19 décembre, vente le mercredi 20 décembre 2017

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Enchères: Collections Aristophil une vente inaugurale

dimanche 17 décembre 2017
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Aristophil sous le marteau

Marquis de Sade, Manuscrit autographe des 120 Journées de Sodome, ou l’école du libertinage, Dans une boîte étui en veau gris.. Estimation (4 à 6 M.€.) © Aguttes
  Ce système bien connu de fuite en avant ne peut mener qu’à la chute finale, laquelle se produisit en 2015 avec l’arrestation de Gérard Lhéritier et la liquidation de sa société.

Quant aux “investisseurs“, il leur reste leurs yeux pour pleurer et l’espoir de récupérer un petit quelque chose de leur mise initiale. C’est pour ménager leurs intérêts, afin de ne pas faire chuter les cours par une offre pléthorique de documents souvent surpayés à l’origine, qu’on préfère les offrir au compte goutte, jusqu’en 2023 ou plus.

La vente inaugurale, prévue ce mercredi 20 décembre à Drouot, sous le marteau de Claude Aguttes frappe un grand coup en présentant d’entrée de jeu l’objet le plus emblématique de la collection. Le sulfureux manuscrit des 125 journées de Sodome ou l’Ecole du libertinage du marquis de Sade.

Nous avions raconté en 2014 l’histoire rocambolesque de ce rouleau de papier recto-verso de 12m de long sur 11cm de large, rédigé à la Bastille juste avant la Révolution, perdu, retrouvé par miracle, puis volé et récupéré…  Gérard Lhéritier l’avait payé dit-on 7 millions d’euros, un peu plus que l’estimation actuelle de 4 à 6 millions.

En dehors de cette pièce hors norme, d’autres auteurs de genres et d’époques variés devraient briller au firmament des enchères.

Histoire d'Alexandre le Grand Quinte Curse, , traduction Vasque de Lucène, Faiz et Conquestes d’Alexandre. Manuscrit enluminé, c.1470/80. 300/500.000.€ © Aguttes
De Quinte-Curce, historien latin du 1er siècle, auteur d’une Histoire d’Alexandre le Grand, très prisée des lecteurs du Moyen âge, (ici dans une traduction française du XVe siècle illustrée de belles miniatures en grisaille, créditée de 300/500 000 €.) au pape du surréalisme, André Breton dont le manuscrit autographe du Manifeste du Surréalisme(21 pages, 1924) est attendu autour de 600/800.000.€ moins que les sept cahiers d’écolier du Poisson Soluble, qui pourraient atteindre 2 à 2,5 M.€ en passant par Colette, Valéry, Victor Hugo… Et Balzac dont le manuscrit complet d’Ursule Mirouët, (1841, 145 feuillets reliés de chagrin) pourrait frôler ou dépasser le million. Il est l’un des deux derniers entre mains privées.

Candy Helen Churchill, rescapée du Titanic (1858-1949). Manuscrit autographe de 40 feuillets relatant le voyage et le naufrage du Titanic en avril 1912. 300/400.000.€. © Aguttes
Au firmament des prix, les passionnés du Titanic devraient se bousculer autour des 40 feuillets où une rescapée américaine relate le déroulement de son voyage, du départ de Southampton le 10 avril 1912 jusqu’à la nuit fatale du 14 où elle saute dans le canot n°6.

Ce précieux témoignage est évalué 300/400.000.€


Ces quelques fleurons ne sauraient masquer la diversité de cette vente qui couvre toutes les époques et tous les genres et où tous les collectionneurs pourront trouver leur bonheur à partir de quelques centaines d’euros.

Une lettre d’Alexandre Dumas fils à Nadar, reprochant au photographe de ne pas être venu le voir à Marly  est estimée par exemple 200/300.€, pour 700/800.€ on a le choix entre une lettre de Debussy à Ravel  et une autre de Léopoldine Hugo (13 ans) à sa maitresse de pension qu’elle appelle ma bonne petite maman.

Mais le plus intéressant est peut être le petit Liber Amicorum fin XIXe, couvert de poèmes, mot doux et dessins de personnalités du temps : Henri de Régnier, J. Maria de

Hérédia, Pierre Louÿs, Alphonse Daudet, Gabriel Fauré, Jacques Emile Blanche… le tout pour 800/1.200.€

Pour le même prix on trouve encore la lettre d’un voyageur français en Abyssinie en 1633, racontant que le pacha du pays “aime grandement notre Roy (Louis XIII ) et désire lui envoyer ung couple delephant, ung per de giraffes & quelsques lions et léopars“ (sic).

Honoré de Balzac, Manuscrit autographe signé de Ursule Mirouët, 1841, 145 feuillets sur papier bleu, reliure en demi-chagrin brun. 800.000 à 1.200.000.€ © Aguttes
On estime en revanche à 15/20.000.€ la lettre d’amour du jeune Napoléon Bonaparte à une certaine Emma non identifiée, restée insensible au charme de l’ado de 16 ans.

Parmi les curiosités, il faudra payer 2.500/3.000.€. pour s’approprier l’habit d’académicien de Paul Morand.

Le catalogue se clôt sur une série de lettres du siège de Paris de 1870, envoyées par ballon, ou par ces drôles de boules de zinc dites “de Moulins“, plongées dans la Seine en amont de Paris dont aucune n’est arrivée à destination malgré les filets censés les arrêter à hauteur de la capitale. Une trentaine ont été repêchées en aval entre 1871 et 1988. Une vingtaine se trouvent toujours au fond de la Seine, à moins qu’elles n’aient gagné la pleine mer.

Leur cote est assez élevée (plusieurs milliers d’euros) car ces curiosités postales sont très convoitées des philatélistes. Mais si d’aventure vous trouvez une de ces boules sur une plage de Seine Maritime, remettez-les à la poste afin que les lettres soient distribuées aux descendants de leurs destinataires respectifs.

Françoise Deflassieux

Informations pratiques

Collections Aristophil, vente inaugurale

Vente le  mercredi 20 décembre 2017

A 14h30

Exposition mardi 19 décembre 11h-18h et mercredi 20 décembre 11h-12h

Hôtel Drouot, salle 1-7

SVV Aguttes 164 bis, avenue Charles de Gaulle

92200 Neuilly-sur-Seine

Tél. : 01 47 45 55 55



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