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Fêtes et Divertissements à la cour

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Fêtes et Divertissements à la cour

Le titre de cette exposition est un pléonasme, puisque Versailles est une fête en lui-même. Le visiteur qui découvre au bout de l’avenue de Paris la façade baroque rose et blanche couronnée d’or, les plans étagés des grilles et des pavillons, a l’impression d’arriver à une scène de théâtre. Jusqu'au 26 mars 2017

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Fêtes et Divertissements à la cour

jeudi 22 décembre 2016
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Versailles, invitation à la Fête

Tenture des Chasses de Louis XIII D’après Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) 1736-1750. Tapisserie de haute lisse Florence, Palais Pitti Foto Arazzi Galleria Costume, Palazzo Pitti, Firenze
Rien de plus normal, Versailles n’est-il pas né de ce divertissement royal qu’était la chasse, l’unique passion  du roi Louis XIII ?  C’est donc un pavillon de chasse qu’il fait construire en 1624. Et c’est par la chasse que débute l’exposition qui se tient actuellement l’aile nord du château, avec la magnifique tenture  des Chasses de Louis XV, sur des cartons d’Oudry et des portraits, par le même artiste, des chiens du Roi qui répondaient aux doux nom de Polydore, Sylvie, Pompée…

Dans les vitrines figurent divers objets de vénerie, et du cérémonial qui accompagne le divertissement royal.

 

La seconde salle évoque les carrousels, inventés par Catherine de Médicis en remplacements des tournois comme celui qui fut fatal à son époux. Ce ballet équestre et baroque atteint son apogée au début du règne de Louis XIV. Il met en scène le roi lui même et les princes du sang, vêtus de jupettes “à l’antique“, coiffés d’improbables casques emplumés, et juchés sur des chevaux également caparaçonnés de broderies et de plumes.

Le carrousel triomphe en mai 1664 lors des Plaisirs de l’Ile enchantée, la toute première fête de Versailles, offerte par le Roi à Louise de La Vallière avant même que le château soit achevé et habitable (les invités durent dormir dans leurs voitures !)

Ou le Pompeux Carrousel des galantes amazones des quatre parties du monde Donné à Versailles dans la cour d’Honneur de la Grande Écurie, les 28 et 29 mai 1686 Attribué à Jean-Baptiste Martin l’Aîné 1686 ? Château de Versailles © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Philipp Bernard
Une mode chassant l’autre, Louise est bientôt remplacée par Athénaïs (de Montespan) qui a droit elle aussi en août 1668 à un Grand Divertissement organisé, comme le précédent, par  Molière et Lully, avec théâtre, bals, feu d’artifice et nourritures délicates à profusion, mais point de Carrousel.

Les tout derniers auront lieu en 1685 et 1686 à l’initiative du Grand Dauphin. On préfère désormais les comédies-ballet, comme Georges Dandin, et surtout l’opéra, promis à un bel avenir.

Ce n’est qu’en 1770 qu’est inauguré l’Opéra Royal de Versailles, à l’occasion du mariage du dauphin Louis avec Marie Antoinette. Auparavant, les spectacles ont lieu dans des endroits variés du château ou des jardins, aménagés pour l’occasion par les menuisiers machinistes des Menus-Plaisirs, dont les créations éphémères ne nous sont pas parvenues.

Bal masqué pour le mariage du Dauphin Charles Nicolas Cochin le Jeune Vers 1745 Encre brune,rehauts de blanc, aquarelle avec lavis gris, plume © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michèle Bellot
A l’exception tout de même d’une délicate maquette de décor à l’italienne créée en 1754, la plus ancienne du monde, plusieurs fois réutilisée et modifiée, le palais conserve aussi une grande toile peinte en bleu et ivoire de 1774 créée pour un opéra de Grétry, par l’atelier des Menus Plaisirs dont les dignes descendants sont aujourd’hui les techniciens de la société “Aristeas“ qui ont restitué à partir de documents existants, des décors connus par la peinture ou la gravure ou les descriptions.

Avec la comédie, l’opéra et la chasse, le bal est la grande attraction de la cour, bal ordinaire du samedi, ou bal exceptionnel à l’occasion d’une victoire, d’une naissance ou d’un mariage.
Les gravures conservent le souvenir de celui du 19 mai 1770 pour le mariage du Dauphin. Les danses sont très codifiées, les pas et les figures ne s’improvisent pas, ils nécessitent un apprentissage qui fait évidemment partie de l’éducation des princes et princesses.


Des vidéos attractives plongent le visiteur à la cour du Roi le temps d'un bal © photo PdF 2016
Des mini-vidéos permettent au visiteur moderne de s’initier à l’art délicat du menuet, du quadrille ou de la contredanse. La danse en couple n’apparaît que sous le règne de Louis XVI, avec l’allemande, ancêtre de la valse, mise à la mode par Marie-Antoinette.
Les bals masqués en période de Carnaval sont moins guindés et beaucoup plus amusants, chacun, roi compris, se conduisant sous son masque de manière désinhibée, comme Louis XV, déguisé en if en 1745 (le costume est reconstitué)


Ces jeunes gens apprennent aussi le solfège et la musique, à l’instar de Louis XIV lui même, excellent danseur comme on sait, mais aussi joueur de  guitare, un instrument d’origine italienne, plutôt populaire, qui conquiert entre les mains royales ses lettres de noblesse.

Harpe de Marie-Antoinette Jean Henri Naderman, 10 novembre 1774, Vendôme, Musée municipal. © François Lauginie
A Versailles, tout est musique, du matin au soir, de la fanfare de chasse aux grandes orgues de la chapelle en passant par les bals, l’opéra et le musique de chambre. Le Roi s’assure bien sûr les talents des meilleures virtuose du temps : Lully, Couperin, Rameau, Grétry, Gluck…

Sans exclusive, les princes et princesses, et la reine elle même se produisent lors des soirées d’appartement plus informelles. Les toiles de Nattier montrent les filles de Louis XV dans l’exercice de leurs talents : Adélaïde étudiant le solfège, Henriette à la basse viole (ancêtre du violoncelle), Victoire à la harpe.

A l’instar de Marie-Antoinette qui s’était taillé une réputation de virtuose dans le maniement de cet instrument, que l’on peut voir en vrai à l’exposition.


Table de jeux à Tric trac, d'échec, à écrire, Pierre Claude Mané (actif vers 1765-1785) 1780 Placage de bois satiné et de bois de rose, ivoire et ébène, maroquin Château de Versailles ©...

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