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Inauguration du Musée de la Romanité

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Inauguration du Musée de la Romanité

Que dira-t-on dans 2000 ans du nouveau bâtiment qui abrite le musée de la Romanité, face à l’amphithéâtre construit à Nîmes, vers l’an cent de notre ère ? La « ville avec un accent » aime rapprocher monuments romains et architecture contemporaine. Ce fut déjà le cas en 1993, où le « Carré d’Art » de l’architecte britannique Norman Foster trouva sa place à un jet de pierre de la Maison Carrée, le tout aussi célèbre temple de la même période que les arènes. Par Guy Hébert

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Inauguration du Musée de la Romanité

jeudi 07 juin 2018
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Nîmes,  la romaine, s’offre une architecture contemporaine digne de son passé

Le tout nouveau Musée de la Romanité à Nîmes © photo G.Hébert/PdF 2018
Les esprits chagrins de l’époque s’interrogeaient  sur cette confrontation comme d’autres critiquent
aujourd’hui la proximité du bâtiment signé de l’architecte Elisabeth de Portzamparc. Le résultat d’ensemble est pourtant convaincant, constituant un « écrin très doux », selon le mot de sa conceptrice, pour appréhender les richesses archéologiques de Nîmes et de sa région.
La forme parallélépipédique à base carrée s’efface grâce  une peau évanescente, faite de près de 7000  lames de verre  sérigraphié qui ondulent sous l’effet de la lumière.
Elle fait songer à une mosaïque minimaliste blanche et évoque le drapé d’un vêtement romain. La transparence du verre produit un discret contraste avec la minéralité  massive de la pierre de l’amphithéâtre. Et ne constitue en rien une menace pour l’intégrité du patrimoine. Dialogue réussi, au contraire ! Donnant l’envie de comprendre les choix architecturaux et muséaux de l’architecte, responsable de l’ensemble.

Une œuvre  contemporaine séduisante et discrète, retenue en 2012 parmi plus de cent propositions et face à deux finalistes de renom, Richard Meier et Rudy Ricciotti.

Le tout nouveau Musée de la Romanité à Nîmes © photo G.Hébert/PdF 2018
L’ouverture originale du musée sur la ville est un des autres choix remarquables et revendiqué de l’auteure franco-italienne. Confessant son amour de l’Italie avant de confier « Nîmes, c’est ma Rome locale ». Songez que le bâtiment est traversé par un large passage accessible du parvis, sans passer par les collections, tout en invitant à leurs découvertes. Suivant le tracé du rempart construit sous Auguste, cette rue intérieure  conduit au jardin archéologique. De sorte que le public pourra se rendre également à la librairie, au café et au restaurant, d’où la vue est remarquable sur les Arènes. Comme il aura la possibilité d’accéder au toit terrasse végétalisé. Un panorama exceptionnel sur 2600 ans d’histoire de la ville s’offrira à lui.

En même temps, cette « cinquième façade » rend un hommage à l’œuvre de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.  Ombrelle ou chapeau utile sous le soleil du sud si on veut y flâner après l’ascension.                                                                                                                                                                                                                             

Intéressant également l’immense atrium central de 17 mètres de haut où a été reconstituée une partie du fronton de l’entrée du sanctuaire de la source, installé par les romains sur le site où était vénérée la divinité Nemausus, à l’origine du nom de la ville de Nîmes. On pourra regretter l’absence de fontaines ou de canaux apportant de la fraîcheur, tout en rappelant que l’eau du Pont du Gard, situé à 50 km, alimentait la ville.

Le tout nouveau Musée de la Romanité à Nîmes © photo G.Hébert/PdF 2018
Dans la partie muséale, au long du parcours, l’architecte a su trouver d’heureuses réponses architecturales. A l’exemple des grands yeux ouvrant sur les arènes et le jardin archéologique. Des dispositifs ingénieux permettent d’évoquer le paysage à travers le temps. Comme la décision de créer plusieurs balcons intérieurs. Ils permettent de grands volumes et offrent des vues plongeantes sur les collections.

Quant au parcours archéologique organisé chronologiquement, il distingue trois périodes de l’histoire nîmoise. De la pré-romanité au Moyen Age roman et gothique, en passant  par la conquête et la colonisation romaine. Un choix revendiqué par Dominique Darde, la conservatrice en chef du Patrimoine : « Le musée a été conçu comme une porte d’entrée pour la compréhension de la ville de Nîmes. Il permet de diffuser auprès d’un très large public les richesses du patrimoine architectural nîmois. C’est également un lieu incontournable pour suivre et comprendre toute l’actualité de la recherche archéologique ».

Le tout nouveau Musée de la Romanité à Nîmes © photo G.Hébert/PdF 2018
Autres ajouts plus inattendus à cette présentation, des objets montrent l’intérêt porté, à travers les siècles, à la civilisation romaine par des savants et des collectionneurs.  Avec aussi de grandes maquettes en liège, réalisées au XIXe...

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