Patrimoine de France

Jean-Baptiste Perronneau : Portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières

Expositions
Jean-Baptiste Perronneau : Portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières

Cette première rétrospective rend sa juste place dans l’histoire de l’art à Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783), non seulement un grand pastelliste, mais un grand peintre des Lumières. Le parcours chronologique retrace sa carrière et fait ressortir les spécificités de l’artiste, très curieux et qui voyage énormément. Par François Rousseau Jusqu’au 17 septembre 2017

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Jean-Baptiste Perronneau : Portraitiste de génie dans l’Europe des Lumières

lundi 18 septembre 2017
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Portrait de Mme de Sorquainville, née Geneviève-Antoinette Le Pelletier de Martainville ® Musée du Louvre, Département des Peintures, Paris
Cette exposition de 150 œuvres, dont 20 provenant du fonds du musée, s’imposait à Orléans après l’acquisition en vente publique l’année dernière par le musée, d’un portrait au pastel qui était toujours resté dans la famille du modèle.

Charles Natoire est son maître de dessin et durant son apprentissage, il grave des dessins de Boucher. Dès ses débuts, il montre une parfaite maîtrise de la couleur avec Portrait d’une femme en robe bleue. Il remporte son agrément à l’Académie avec le Portrait du peintre François Gilquin (1746).

Dans l’esprit des Lumières, le peintre doit inviter le spectateur à percevoir la noblesse qui réside en chacun et qui se lit sur le visage. Excellent dessinateur, Perronneau n’a pas besoin de réaliser de dessin préparatoire, il peint directement sur la toile. Pierre Rosenberg a qualifié de «Joconde du 18ème siècle» le Portrait de Mme de Sorquainville (1749).

Les critiques comme Grimm comparent Perronneau à Quentin de La Tour alors que celui-ci, dont on verra l’Autoportrait brillant et arrogant, est jaloux de son concurrent trop brillant. Sa clientèle est variée, bourgeois, nobles, ambassadeurs, artistes ou étrangers de passage, alors que de La Tour se réserve l’élite parisienne et Versailles.

Portrait d'Aignan-Thomas Desfriches ® Christophe Camus, Musée des Beaux-Arts, Orléans
C’est au Salon de 1751 que Perronneau présente le chef-d’œuvre qui a motivé l’exposition, le Portrait d'Aignan-Thomas Desfriches, grand ami du peintre qui deviendra le premier conservateur du musée d’Orléans, ouvert en 1799 pour exposer les saisies révolutionnaires. L’exposition montre des étoffes prêtées par la Comédie Française qui mettent en valeur le talent du peintre dans la reproduction des tissus.

Perronneau exécute dans une pose décontractée, très moderne, le Portrait de Lambert-Sigisbert Adam, dit Adam l’aîné, sculpteur du roi à Versailles et de Mme de Pompadour pour le château de Bellevue, comme morceau de réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 28 juillet 1753.

C’est un tableau à l’huile, car le pastel est une technique trop moderne pour l’exercice imposé. Le traitement des ombres et des reflets auquel se livre l’artiste, avec un art unique de la couleur en une juxtaposition de teintes décomposées, comme le feront les impressionnistes, laisse une sensation de désinvolture et de facilité cachant un long et savant travail: c’est ainsi qu’il est reçu membre.

Il s’établit en famille à Bordeaux. C’est une période prospère grâce aux commandes d’amateurs.

Portrait d'une femme en robe à la française de soie rouge ® Coll. Part.
Les pastels de Marthe et Pierre Agard, sœur et frère (1756), l’un conservé à la National Gallery et l’autre en collection particulière, montrent les différences de conservation, celui en main privée ayant subi un trop fort éclairage à la lumière.

On verra, rassemblés pour la première fois depuis 130 ans, les portraits de Jacques-Charles du Tillieu et de sa femme. La tendresse de leurs regards transparaît dans les lettres tendres entre les époux, exposées pour fêter ces retrouvailles artistiques.

Une salle est consacrée à son passage à Orléans, où il reprend ses pinceaux après sa période pastel. En regardant Mme Perronneau en Aurore (1767), Julie Manet trouve l’œuvre «très jolie» lorsqu’elle visite le musée en 1886. Les nombreux voyages de Perronneau de Madrid à Amsterdam, indisposent la critique parisienne qui lui reproche de «fuir les lieux du bon goût».

 

François Rousseau


Informations pratiques

Jusqu’au 17 septembre 2017

- Publication:

Catalogue, 192 pages, illustrations couleur, broché avec rabats, éditions Lienart, prix 29€

Cafés Jeanne d’Arc, maison orléanaise plus que centenaire, présente à l’occasion de l’exposition deux nouveaux produits, le Thé Perronneau et le Thé Desfriches. En vente au musée

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (vendredi jusqu’à 20h et dimanche à partir de 13h)

Plein tarif: 6€, réduit: 3€  Entrée libre le premier dimanche du mois

- Musée des Beaux-Arts 

Place Sainte-Croix 

45 000 Orléans 

Tel: 02 38 79 21 83

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