Patrimoine de France

La danse de mort

Rubrique
La danse de mort

Quel Plaisir de voir une mise en scène de Stuart Seide, l’ancien maître du Théâtre du Nord à Lille, vient nous présenter avec sa compagnie ce nouveau et puissant spectacle. Une version de la pièce de Strindberg qui fera date. Par Marie Laure Atinault Du 27 septembre au 29 octobre 2017

Close the overlay

La danse de mort

jeudi 26 octobre 2017
Contenu réservé aux abonnés
Premium

La Danse de mort © photo Pascal Gély
Dans une île du bout du monde, battue par les flots, une citadelle abrite une garnison. Morne décor pour fêter des noces d’argent. Mais le décor est-il aussi important pour Edgar, le capitaine de la garnison et sa femme Alice ? Ce couple est seul dans l’intimité froide de leur salon. Très vite, ils se lancent à la tête leur ritournelle bien rôdée des reproches. Un invité se présente c’est Kurt, un vieil ami. Alice est heureuse de cette visite qui trompe l’ennui.

Elle regrette tellement sa vie d’avant, quand elle était comédienne. De temps en temps, elle se met au piano. Kurt va devenir le témoin et l’enjeu de la scène de ménage du couple.

Acidité, âpreté des mots et des formules, haine ordinaire exaspérée par une langueur, une insatisfaction du couple. Ils savent qu’ils ont raté leur vie. Mais chacun  refuse que ce soit de leur faute alors il charge leur conjoint de tous les maux, de tous les regrets.

Danse cruelle et sardonique savamment répétée par ce couple dont le ferment est bien leur haine mutuelle et gare à celui qui voudrait y mettre fin.

La Danse de mort © photo Pascal Gély
Stuart Seide avait mis en scène Au  bois lacté de Dylan Thomas au Théâtre du Nord à Lille. Jean Alibert et Hélène Theunissen, qui faisaient partie de la distribution, avaient le désir de rejouer ensemble.

Ils ont demandé à Stuart Seide, de les mettre en scène. Riche idée !

August Strindberg écrit la pièce  en 1900.  Mais la tension, et le conflit de ce couple avec qui nous  souhaiterions ne pas passer le réveillon, nous apparaît comme d’une incroyable modernité.

Dans cette écriture acérée, sans complaisance avec un art du mot qui semble être comme un coup de sabre, on décèle les germes d’un théâtre que le metteur en scène connaît bien. On pense à Pinter, à Beckett et dans une certaine mesure à Courteline.

Le couple est assis sur des chaises, il se regarde en chien de faïence, c’est le calme avant la tempête. On pense aux Chaises bien sûr, et aux Boulingrin qui se livrent à une scène de ménage épique pour se débarrasser d’un pique assiette. Fin de partie ou Retour pour Edgar et Alice ?

Une danse savamment chorégraphiée

Le metteur en scène se met derrière le texte afin de servir de passeur entre les acteurs et le public. Le décor est d’une  grande sobriété, les formes épurées des meubles, le soin du détail.

La Danse de mort © photo Pascal Gély
Le piano, qui souvent monopolise l’attention dans les mises en scène de La Danse de Mort est ici une trouvaille, Alice tire un tiroir et c’est un piano. Pas de robe longue pour Madame La Capitaine mais un ensemble pantalon  vert qui fait penser aux élégantes sportives d’Hollywood telle Katharine Hepburn. Les lumières de Jean Pascal Pracht cernent cette danse tribale, faisant penser au cinéma expressionniste allemand.

La direction d’acteur est précise, au fil du sabre.

August Strindberg a écrit un huis clos noir mais dont surgit un comique qui vient comme une respiration, de celle que l’on a en remontant à la surface. Le drame fait place au grotesque, pour ce pugilat étourdissant mené par des comédiens remarquables. Stuart Seide nous offre une mise en scène limpide qui fera date.  

Marie Laure Atinault


Informations pratiques

La Danse de mort

D’August Strindberg

Du 27 septembre au 29 octobre 2017

Traduction de Terje Sinding

Mise en scène Stuart Seide

- Avec

Jean Alibert, Pierre Baux, Karin Palmieri, Hélène Theunissen

Du mercredi au samedi à 20h45

Dimanches à 15h30

Durée : 1h40

Plein tarif : 25€

Tarifs réduits :

20€ (+65 ans, résidents du 18ème, demandeurs d’emploi)

12€ (-26 ans, groupes, étudiants, bénéficiaires RSA)

- Théâtre de la Reine Blanche

2 bis, passage ruelle

75018 Paris

Tél 01 40 05 06 96

Diaporama

>> Profitez des commentaires ! Je m'abonne ! ou Je m'inscris gratuitement !<<

Patrimoine de France,
Commentaires:

Partagez cet article