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Le Mémorial du camp de Rivesaltes

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Le Mémorial du camp de Rivesaltes

Les sites de mémoire liés aux conflits du 20ème siècle sont nombreux dans les Pyrénées-Orientales. Comme tous les départements-frontière, on y trouve des fortifications, mais également des camps, dont le plus important est celui de Rivesaltes. Nous verrons comment les différentes mémoires préservent aujourd’hui les témoins du passé, tout d’abord avec le Mémorial du camp de Rivesaltes, puis avec l’histoire de la Retirada, du château royal de Collioure à Argelès-sur-Mer.

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Le Mémorial du camp de Rivesaltes

mercredi 02 août 2017
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De la plupart des baraques, il ne reste que les fondations © photo François Rousseau/PdF 2017
Le camp de Rivesaltes porte une histoire singulière avec 4 mémoires de populations différentes, les Républicains espagnols, les Juifs, les Tsiganes et les Harkis. Alors qu’il est créé comme un camp militaire, il devient le plus grand camp d’internement de l’Europe de l’Ouest.

Son histoire s’étend sur trois guerres, Espagne, Mondiale et décolonisation et sur 4 régimes successifs à la tête du pays, la Troisième République, l’État français, la Quatrième et la Cinquième République.

 

Le Mémorial qui vient d’être créé doit composer comme lieu de mémoire officiel avec des histoires, nationalités et cultures différentes pour ne pas dire antagonistes. Il en résulte un lieu d’exposition mais aussi de réflexion et d’éducation pour aider à comprendre la complexité du monde contemporain.

Il a été conçu comme un lieu de fierté pour le territoire, qui montre ainsi qu’il est capable de présenter une histoire difficile, malgré les associations mémorielles concurrentes.

Avant de devenir un lieu de mémoire, ce terrain a connu de multiples occupations. Sur ces anciennes terres de vignes et de garrigue, l’armée souhaite créer un camp dès 1923 pour désengorger la caserne de Perpignan.

Le camp Joffre ouvre le 19 décembre 1939 sur 612 hectares et accueille un centre de formation des troupes indigènes. Puis, selon le rapport du 10 décembre 1940, l’armée cède 9 îlots sur les 19 de casernes, pour servir de camp d’internement des populations indésirables.

Le camp ouvre le 14 janvier 1941 avec les premiers internés venant d’Agde et des autres camps du Sud.

Objets du quotidien des internés © photo François Rousseau/PdF 2017
16 nationalités sont représentées. Le camp est dirigé par un capitaine de réserve français en congé d’armistice. 18 000 Juifs, Tsiganes et Espagnols sont internés jusqu’en 1942. De juillet à octobre 1942, 2 îlots sont isolés et clôturés pour créer le «Centre interrégional de rassemblement des Israélites», avant leur déportation à Auschwitz. Dans chacun des wagons à bestiaux affrétés par Vichy, deux GMR (ancêtres des CRS) montent pour assurer la surveillance.

Les détenus sont remis aux Allemands à la ligne de démarcation, puis le train continue sa route vers Drancy. 2313 Juifs sont ainsi déportés en 9 convois.

La plupart des enfants du camp sont sauvés de la déportation grâce à l’envoyé du préfet, Paul Corazzi, qui fait tout pour les remettre aux œuvres de secours.

Lorsque les Allemands envahissent la zone Sud en novembre 1942, la 7ème Panzer Division affectée à la défense des côtes, est cantonnée à Rivesaltes. Elle reste en cantonnement jusqu’à la libération, en détruisant un certain nombre de baraques avant de partir.

Le 19 août 1944, le département est libéré. Les collaborateurs français sont internés à la citadelle de Perpignan et au camp de Rivesaltes, qui devient ainsi le dépôt de prisonniers n°162, et sont suivis dès avril 1945 par 10 000 prisonniers de l’axe dont les derniers sont libérés en 1948. 10 000 soldats sont employés au déminage des plages.

De 1948 à 1962, l’armée française reforme le camp militaire pour regrouper les appelés du contingent avant l’envoi en Algérie. On compte ensuite début 1962, 487 prisonniers du FLN. Puis en septembre, c’est l’arrivée de 21 000 Harkis, ceux qui ont pu quitter l’Algérie avec leur famille. Ils sont d’abord hébergés sous des tentes, puis en dur après avoir réhabilité les baraques, jusqu’en décembre 1964.

L’histoire se termine par le retour à la vocation militaire, le cantonnement pendant deux ans de soldats guinéens. Au total, plus de 60 000 personnes sont passées par le camp de 1941 à 1966.

Fermé officiellement en 1966, le camp est abandonné pendant plus de 20 ans.

Le Mémorial de Rudy Ricciotti occupe l’ancienne place d’appel de l’îlot F © photo François Rousseau/PdF 2017
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