Patrimoine de France

Léon Frederic, nouvelle exposition au Musée Courbet d

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Léon Frederic, nouvelle exposition au Musée Courbet d'Ornans

On plonge dans un nouvel univers au Musée Courbet, l’exposition qui s'ouvre aujourd'hui traite d'un artiste trop méconnu en France. Peintre belge majeur de la fin du XIXème siècle, Léon Frédéric partage de nombreux points communs avec Gustave Courbet. Du 6 juillet au 15 octobre 2018 Dans le Doubs

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Léon Frederic, nouvelle exposition au Musée Courbet d'Ornans

vendredi 06 juillet 2018
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Le musée Courbet à Ornans, à ses pieds la Loue coule paisiblement © photo PdF 2018
Léon Frédéric
(1856-1940), un autre réalisme


Même si ils ne se sont jamais rencontrés il n'en demeure pas moins que les deux artistes partagent différents sujets de prédilection: l'art des portraits et des paysages. Ils sont touchés par leur environnement, profondément sensibles à ce qui fait leur époque. 
La notoriété sera une alliée pour chacun. Courbet ira à plusieurs reprises en Belgique pour des commandes, le pays rayonnait tel un centre d'art européen. Et beaucoup de collectionne urs s'y trouvaient à cette période. Pour l'anecdote l'historienne d'art Isolde De Buck, à l'initiative de l'exposition a dormi dans l'ancienne chambre de Courbet...car ses parents sont propriétaires de la maison dans laquelle le peintre fut hébergé !


La Première rétrospective en France


Portrait de Léon Frédéric (1856-1940) Le Repos ou le peintre et son modèle huile sur toile, Bruges collection privée © photo PdF 2018
En digne héritier de l'école flamande, Léon Frédéric est un européen avant l'heure. Le peintre a connu des heures glorieuses, emportant de nombreux prix ses toiles se vendaient chères.
Issu de la haute bourgeoisie, le peintre s'impose comme le témoin des humbles et des déshérités. La visite débute dans les années 1880 pour effectuer un parcours au travers d'une cinquantaine d’œuvres. Ses peintures d'atelier ouvrent l'exposition dans une représentation du monde ouvrier (montrant l'impact de la peinture de Courbet).
"Il s'agit là d'un art sincère, réel, qui inspirera le Réalisme" explique Benjamin Foudral*.

Très réputé au cours du 19ème siècle en Belgique et en France, sa notoriété se perd après la guerre. Il se réclame de l'Art flamand sans cesser de se tourner vers Paris


Un monde rêvé



Léon Frédéric (1856-1940) Le Ruisselet, pastel, Montmagny, Collection privée © photo PdF 2018
L'exposition insiste sur la vision du monde paysan  totalement idéalisée de l'artiste tout comme l’enfance, associée à notion de pureté de naïveté et d'amour.

Le peintre sera aussi fortement inspiré par Bastien Lepage dans son traitement picturé, appuyé. On peut le voir comme une sorte d'hommage au peintre. Son exploration du monde paysan produira une série de portraits, d'ambiances aux tons feutrés et d'une lumière exceptionnelle. A remarquer, la diversité des pastels, clin d’œil à l'art italien, illustre l'accomplissement de Léon Frédéric.
Il veut dépeindre le quotidien rural pour cela il suit la vie d'une famille et se rapproche tel un témoin restituant un univers parfois plus proche de son idéal que de la réalité.
Ses portraits de garçons disposés à celui des fillettes ornent un pan de mur, éclatent au regard des visiteurs. 
A travers ses toiles, Il aimait décrire des instants de vie, "Le repas de funérailles" en est un exemple frappant. La lumière, tranchée, intime, est au comble de la maîtrise. Une série de portraits grandeur, presque, nature se succède. Les jeunes paysannes se prêtent au jeu de la pause. Les jeunes filles sont très souvent représentées n'allant pas encore à l'école à cette époque, elles pouvaient se rendre plus disponibles pour l'artiste.


Léon Frédéric (1856-1940) La servante endormie, 1897, huile sur toile, Belgique, collection De Groeve, Collection privée © photo PdF 2018
La  salle suivante est dédiée à la production "de campagne" où le travail de paysagiste se trouve mis parfaitement en exergue. En premier lieu, il réalisait le portrait avant de se consacrer au fonds. Le paysage issu de son environnement proche - le Givre-  dans lequel il s'immergeait toute la journée pour rentrer à son atelier terminer sa toile. Les collectionneurs venaient directement lui acheter sur place.

Une quête obsessionnelle

"L'Art pour l'Art ou l'Art social ?"


Léon Frédéric (1856-1940) sa campagne ardennaise © photo PdF 2018
Obsédé par la tradition et l'art ancien, Léon Frédéric s’acharnait par son travail à reproduire la campagne ardennaise.
Parallèlement à son ancrage local, l'artiste tend à une universalité. Celle-ci se traduit par des œuvres qui transpirent une atmosphère d'empathie, le peintre veut susciter un élan de sympathie, amplifié  par une lumière chaude.
Il est en pleine gloire, de nombreux prix couronnent son travail, les commandes affluent et sa renommée comme ses toiles parcourent l'Europe. Le mouvement intellectuel qui s'étend en France les idées de Proudhon, de Saint-Simon ne le laisse pas indifférent.

Les courants anarchistes et collectivistes sous l'époque Napoléon III, sont puissants. Il traduit son sentiment d'injustice face à la misère grandissante la pauvreté qui entraîne une population à la rue dans des conditions terribles, à sa porte. Dans les faubourgs. "L'Art a quelque chose à dire" relève le commissaire d'exposition.


Il poursuit son œuvre tout en se démarquant de ses concurrents,  il impose sa signature.


Le "champion des Triptyques"

Ce qu'affectionne le peintre ce sont les Triptyques . Et c'est un domaine dans lequel il excelle. Il adopte une approche spirituelle dans sa manière de peindre et de présenter ses
tableaux. Il s'amuse avec les symboles le chiffre 3, le rouge criard utilisé dans le tableau "Les Trois sœurs" (le bleu est d'usage à cette époque) où le temps semble figé.

Enfin l’héritier des Primitifs flamands se projette dans la modernité.

Une libération que l'on voit défiler devant nos yeux grâce à un parcours intelligemment conçu. L'on redécouvre ce Maître belge, virtuose de son époque avec curiosité.

N.B.

Informations pratiques

Léon Frederic (1856-1940), un autre réalisme

Du 6 juillet au 15 octobre 2018
 

Avec le soutien du musée d’Orsay et des musées royaux de Belgique

Les commissaires scientifiques de l’exposition :


Isolde De Buck, historienne de l’art belge et Benjamin Foudral de Sorbonne Université en préparation thèse de doctorat sur Léon Frédéric


- Musée Gustave Courbet - Ornans

1 Place Robert Fernier
25 290 Ornans
03.81.86.22.88



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