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L’esprit intellectuel et artistique français du XIXe siècle au Château de Villepreux

Ventes aux Enchères
L’esprit intellectuel et artistique français du XIXe siècle au Château de Villepreux

Une vente de château, ça fait toujours du mal au patrimoine, même si le château ne date que du début du XIXe. Ce n’est pas non plus le mobilier Empire qu’il contient, si beau soit-il et signé des meilleurs ébénistes de l’époque comme Jacob Frères, Jacob Desmalter ou Molitor. Exposition du 3 au 6 novembre Vente les 7 et 8 novembre

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L’esprit intellectuel et artistique français du XIXe siècle au Château de Villepreux

mardi 01 novembre 2016
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Villepreux ou l’esprit des lieux


A Villepreux, c’est l’esprit des lieux, un patrimoine impalpable et sans valeur vénale qui va s’évaporer au feu des enchères.
Le château et le domaine de Grand Maison sont en effet au cœur de l’histoire de la presse française depuis plus de deux siècles.


Chateau de Villepreux © photo Luc Paris
L’histoire commence en 1798 avec le mariage de l’héritière du domaine avec un certain Louis François Bertin de Vaux, co-directeur, avec son frère, du Journal des Débats. Le titre a été créé en 1789, avec pour but de relater les débats de l’Assemblée Nationale. Il est alors pourtant de tendance plutôt contre révolutionnaire et devient, après son rachat par les frères Bertin en 1799, un organe d’information modéré, ce qui n’est pas évident dans cette période passionnée et agitée, mais lui permettra de devenir un titre phare qui, grâce à l’habileté de ses directeurs, saura traverser les régimes et les révolutions.

A la veille du Consulat, c’est le journal le plus lu de l’époque, il passe de 800 à 21 800 exemplaires en 1810, et à un peu plus de 10 000 abonnés, chiffres alors considérables, grâce à son gros budget de rédaction et à la qualité et à la célébrité de ses collaborateurs,

Aussi Napoléon lui porte-t-il une attention particulière et sourcilleuse.


En 1805, le Journal des Débats devient le Journal de l’Empire, il retrouve son titre d’origine en 1815 et reste un défenseur modéré du régime de la Restauration. Les excès du ministère Polignac sous Charles X, le font toutefois basculer dans l’opposition libérale au régime, et dans le soutien à la monarchie de juillet après 1830.

Après le décès des frères Bertin en 1841 et 1842, le titre reste dans leur descendance jusqu’à la fin du 19e s, et ne disparaîtra qu’en 1944.

Le château et le domaine restent, eux, dans la famille jusqu’au décès du dernier propriétaire en 2012.

La danse autour de l’arbre de mai par Pierre-Henri de VALENCIENNES (Toulouse, 1750-Paris, 1819) EST. : 200 000 / 300 000 € © photo Luc Paris© photo Luc Paris
C’est donc un patrimoine de deux siècles qui va se disperser en deux vacations à l’Hôtel Drouot.

La première est consacrée à la bibliothèque, à l’image de ses propriétaires. On n’y trouve pas de trésors bibliophiliques, mais les bons auteurs classiques et de l’époque sobrement reliés, Voltaire, Molière, Racine, Cervantès, Châteaubriand, Lamartine, des ouvrages historiques, des mémoires, des récits de voyages, et bien sûr quelques séries du Journal des Débats, dans une fourchette de prix de 200 à 4000 €.

La vente phare, c’est celle du mardi 8 novembre, des objets d’art et du mobilier.

Portrait du comte Alphonse Gérard de Rayneval (1813-1858) par Jean Auguste Dominique INGRES (Montauban 1780-Paris 1867) Signé, dédicacé et daté en bas à droite au crayon noir : « Ingres Del. / A Madame Bertin de Vaux / 1844 » EST. : 120 000 / 150 000 € © photo Luc Paris
Les plus fortes estimations vont aux tableaux. Beaucoup sont des portraits de famille, par les meilleurs artistes du temps dont beaucoup étaient des familiers de la famille.

On n’y verra pas le plus célèbre d’entre eux, le Portrait de Monsieur Bertin par Ingres, aujourd’hui au Louvre. Mais le peintre montalbanais est tout de même présent, avec un petit portrait au crayon du comte Alphonse Gérard de Rayneval, époux d’une des filles Bertin, et arrière grand père de la dernière propriétaire (est 120/150 000 €.)

Le plus ancien, signé de Laneuville et crédité de 12/15 000 €, représente l’aîné des frères Bertin en 1797, âgé de 31 ans.


Portrait de Madame Bertin de Veaux en buste, 1806 par Anne Louis GIRODET-TRIOSON Sur sa toile et son châssis d’origine EST. : 80 000 / 100 000€ © photo Luc Paris
Le mieux coté (400/600 000) est un portrait d’Augustine, l’épouse du cadet des frères, par...

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Diaporama

Fauteuil de bureau en acajou à dossier cintré à crosses ajouré d’un bandeau vertical sculpté d’une palmette. Ceinture ronde, pieds en sabre.  Estampillée G. Iacob et Jacob D rue Meslée (deux fois) Vers 1800. EST. : 4 000 / 6 000 €© photo Luc Paris - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1478086359_lasseron---fauteuil-de-bureau-jacob--rluc-paberis.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Suite de quatre chaises à châssis en acajou, placage d’acajou et filets de laiton à dossier bandeau incrusté du chiffre M (pour Merlin) dans un losange. Pieds en sabres, ceux de devant cannelés. par Bernard Molitor (non signées). Époque Directoire. EST. : 8 000 / 12 000 € © photo Luc Paris - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1478086794_lasseron---suite-de-4-chaises-molitor--rluc-paberis.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Portrait du comte Alphonse Gérard de Rayneval (1813-1858) par    Jean Auguste Dominique INGRES (Montauban 1780-Paris 1867) Signé, dédicacé et daté en bas à droite au crayon noir : « Ingres Del. / A Madame Bertin de Vaux / 1844 » EST. : 120 000 / 150 000 € © photo Luc Paris - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1478087327_lasseron---ingres-comte-de-rayneval--rluc-paberis.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Statue en marbre de Carrare représentant Psyché abandonnée, à demi dévêtue, assise sur rocher par Pietro TENERANI (Carrare 1789-Rome1869). EST. : 30 000 / 40 000 €  © photo Luc Paris - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1478088286_lasseron---tenerani-psychebue--rluc-paberis.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>
Portrait de Madame Bertin de Veaux en buste, 1806 par Anne Louis GIRODET-TRIOSON Sur sa toile et son châssis d’origine EST. : 80 000 / 100 000€ © photo Luc Paris - <a style='color: cyan;' href='images/uploads/fullsize/1478089108_pluspluslasseron---girodet-mme-bertin-de-veaux--rluc-paberis-bd.jpg'><i class='fa fa-floppy-o'></i> Haute résolution</a>

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