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Normandy Tank Museum, un musée disparaît

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Normandy Tank Museum, un musée disparaît

Le Normandy Tank Museum vient de fermer définitivement ses portes le 14 septembre 2016. C’était l’un des grands musées de Normandie avec 3000 m² de hall d’exposition, plus de quarante véhicules exposés, des avions, des milliers d’objets de la Seconde Guerre mondiale, une piste d’aviation et cinq hectares de terrain permettant des démonstrations dynamiques.

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Normandy Tank Museum, un musée disparaît

vendredi 16 septembre 2016
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Le Normandy Tank Museum était situé à quelques pas d’Utah Beach, sur le site historique du premier aérodrome de l'Us Air Force sur le sol normand, le "A 10 Airfield" ouvert dès le 19 juin 1944 à Carentan, soit seulement 13 jours après le Débarquement. Avec une muséographie privilégiant les chars et l’aviation, la visite permettait de découvrir l’Histoire, les évolutions techniques, ainsi que l’aspect humain et social du conflit.

Patrick Nerrant, lors d’un rassemblement de Jeep devant le Normandy Tank Museum pour
L’émotion que l’on ressent devant ces matériels d’époque en parfait état vient tout autant de la vue avec les mannequins en situation, du bruit inoubliable des moteurs et chenilles, que de l’odeur de la mécanique. En effet, les visiteurs pouvaient monter à bord d’un blindé pour découvrir les sensations particulières à bord d’un char sur une piste aménagée.

Le cœur de l’exposition du musée concerne la technologie développée pour les chars de combat. Autour des mastodontes blindés, tous les chars américains de la Seconde Guerre mondiale, le visiteur découvrait la collection de camions, Jeeps et motos de l’US Army. Acquise sur plus d’une trentaine d’années aux quatre coins du monde, cette collection unique permet de mieux comprendre et d’appréhender l’incroyable avancée technique liée aux opérations militaires.

Mais cette aventure muséale n’aura duré qu’un peu plus de 3 ans. En effet, Patrick Nerrant le fondateur vient de jeter l’éponge.

Alors pourquoi cette fermeture?

Image du musée, Patrick Nerrant a pris place dans un Panzer IV, abandonné par la 2e panzer SS division pendant la bataille de Normandie © photo François Rousseau
Bien sûr, avec la conjoncture économique actuelle particulièrement difficile, les visiteurs attendus ne sont pas tous venus! Le musée a également dû faire face à l’hostilité des riverains, particulièrement contre la piste du A10 Airfield qui a été labourée, rendant impossible son utilisation. Pour certains, la Libération serait-elle un passé à oublier? Notons aussi le désintérêt des tour-operators.

Enfin selon Patrick Nerrant, il faut dénoncer l’importante discrimination fiscale dont sont victimes les musées privés par rapport aux musées publics. «En effet, les musées publics sont exemptés de TVA sur les droits d’entrée, d’Impôt sur les Sociétés, de Contribution Economique Territoriale, de taxes Foncières, alors mêmes qu’ils peuvent percevoir (contrairement aux musées privés) des subventions des pouvoirs publics, des dons déductibles des mécènes, des locaux et du personnel mis à disposition par les collectivités territoriales, ou encore de la publicité gratuite dans la presse institutionnelle. Cette inégalité de traitement permet aux musées publics de l’Espace Bataille de Normandie d’offrir des prix plus attractifs que le notre.»

La collection Nerrant patiemment rassemblée avec ses deux fils à partir des années 80, sera vendue aux enchères en 130 lots dimanche 18 septembre dans les locaux du musée par Artcurial Motorcars. Son directeur général, Matthieu Lamoure,  est «fier de disperser pour la première fois une collection qui a marqué l’histoire de France».

Le retour des avions sur la piste du A10 Airfield le 7 juin 2014 © photo François Rousseau
Une partie de l’histoire de la Normandie quittera alors son territoire historique.

Relevons quelques lots emblématiques: un Dodge WC51 de 1942 à moteur 6 cylindres Chrysler, un des premiers entrés dans la collection, ainsi qu’un WC54 ambulance et un WC56 Command Car; un GMC DUKW Duck amphibie de 1943 prêt à prendre la mer; deux Half-Track, un White M3 de 1943 et un M5 International de 1943 aux couleurs de la 9ème Compagnie baptisée la "Nueve", du Régiment de Marche du Tchad, qui entra la première dans un Paris qui se libérait au soir du 24 août...

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