Patrimoine de France

Réouverture du musée de Lodève

Du côté des Musées
Réouverture du musée de Lodève

En cœur d’Hérault, le musée de Lodève entame une nouvelle vie prometteuse. La réouverture d’un musée a presque toujours à voir avec l’architecture. Celui de Lodève n’échappe pas à la règle. Ici pourtant le geste architectural contemporain est peu visible de l’extérieur. Cela ne signifie pas qu’il ne soit pas intéressant. Quant aux évolutions muséales, elles sont profondes, multiples et originales. Bel été à travers l’Hérault ! Par Guy Hébert

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Réouverture du musée de Lodève

vendredi 27 juillet 2018
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Entrée du nouveau musée de Lodève © photo G.Hébert
Avec trois collections  permanentes permettant de traverser des centaines de millions d’années.
Et, en même temps, l’ex musée Fleury renoue avec son ADN. Celui d’offrir, chaque été, des expositions temporaires d’envergure nationale. Avec Faune fais-moi peur ! de l’antiquité à Picasso, Ivonne Papin-Drastik, la directrice du Musée de Lodève, coordonnatrice des transformations et commissaire de l’exposition, a fait un choix particulièrement pertinent.
Autour d’un thème d’une grande richesse ayant inspiré les arts à travers les siècles et excitant toujours la curiosité.
Un arrêt à Lodève est donc indispensable pendant l’été.
Et pourquoi pas dans le cadre d’un itinéraire associant d’autres expositions centrées sur Picasso. En particulier celle du musée Fabre de Montpellier.

Depuis fin 2013, le musée de Lodève où est né en le futur cardinal Hercule de Fleury était en travaux. Pour assurer une meilleure conservation des œuvres, permettre une plus grande accessibilité tout public, en doublant les surfaces d’accueil et d’exposition, quels ont été les choix de l’architecte ? D’abord dégager la façade arrière de l’ancien hôtel de Fleury, construit au XVIIe siècle et remanié au XVIIIe, en aménageant une nouvelle place dans la ville.

Hôtel Cardinal de Fleury © photo G.Hébert
Le grand portail donnant sur une petite rue avait déjà été abandonné à l’ouverture du musée, en 1987. S’imposait également de restaurer ce qui resterait visible dès l’arrivée, en respectant des techniques traditionnelles, à l’exemple des enduits à la chaux, fouettés au balai de genêt. De même qu’à l’intérieur l’escalier d’honneur, les portes monumentales, les balustres en fer forgé  devaient retrouver leur lustre. Comme le puits de lumière donnant sur une originale cour caladée.

Un choix constructif repris dans la partie contemporaine sous la forme d’un atrium couvert et très lumineux. Constituant une salle d’accueil, atteinte par une sorte de faille sombre et discrète, entre l’hôtel de Fleury et l’hôtel de Teisserenc, dont seuls les murs ont été conservés. Pour ne pas concurrencer le bâtiment patrimonial  en respectant la minéralité de la partie ancienne, Daniel Meszaros, l’architecte du cabinet Projectiles explique que « l’extension propose une approche et une modénature en béton laissé brut, laissant apparaître l’empreinte des planches de coffrage ». Plus subtilement, ce traitement intérieur veut rappeler métaphoriquement les strates des Sciences de la terre et de l’archéologie, en écho au projet scientifique et culturel du musée.

Le grand faune de l’atrium, salle de passage © photo G.Hébert
Ce haut volume de passage mène aux différents espaces du musée et accueille avec bonheur la sculpture monumentale de Paul Dardé, un  faune de 14 tonnes et de plus de quatre mètres de haut. Invitant d’emblée à découvrir ce sculpteur autodidacte auquel le dernier des trois parcours « mémoire de pierres » rend hommage. 

Car « la spécificité du nouveau musée de Lodève, ce qui le rend unique, est sa volonté de lier trois collections de nature très différentes autour d’une question commune, celle de la trace, de l’empreinte » affirme la conservatrice en chef du patrimoine, Ivonne Papin-drastik. A travers trois périodes.

En remontant le temps pour retrouver les « Traces du vivant », de -540 millions d’années à -2 millions d’années, puis l’ « Empreinte de l’Homme », de -1 000 000 à -3000 ans. En terminant  par l’exceptionnel fonds d’atelier du sculpteur Paul Dardé (Olmet 1888- Lodève 1963). Autre aspect remarquable, le musée s’appuie sur des ressources locales exceptionnelles.

Pour la période la plus ancienne, il expose, sur 700 m², sept cents objets prélevés dans la région. Une dalle de 40 m²  permet de suivre les pistes d’animaux disparus il y a 250 000 millions d’années. De même que le visiteur pourra observer les traces de gouttes de pluie tombées au cours de la même période géologique. Avec dix supports multimédias et une salle du temps permettant de prendre la mesure de ce que représente un million d’années !

Autres gages de qualité, le musée a attiré les chercheurs de toute l’Europe et est en phase avec la recherche actuelle, à l’exemple de ce squelette de reptile de 4m dont l’article scientifique sera publié cette année.

Quant aux empreintes de l’homme, le parcours propose six cents objets, essentiellement du Néolithique, découverts dans un territoire allant du Grand site du lac du Salagou au cirque de Navacelles, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Provenant de collections d’archéologues dont celle de Jacques Audibert et ses 15 000 objets identifiés. Dans ce parcours archéologique, une frise du temps, en milliers d’années, présente pour chaque période des témoignages emblématiques. Accompagnés de petits films d’animation évoquant de courtes tranches de vie. Dans le cadre d’une reconstitution partielle de la grotte d’Aldène (Hérault), datant d’environ -30 000 ans, en particulier.

Émouvant d’imaginer, à partir des empreintes au sol et des traces sur les parois, l’exploration d’une grotte par une famille. Intéressant également ces grands vases citernes que nos ancêtres plaçaient sous des stalactites pour récupérer l’eau.

Du troisième parcours...

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