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Savines-le-Lac : Patrimoine du 20ème siècle

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Savines-le-Lac : Patrimoine du 20ème siècle

Construit par Achille de Panaskhet au début des années 60, le nouveau village de Savines-le-Lac dans les Hautes-Alpes a été entièrement labellisé Patrimoine du 20ème siècle le 17 septembre 2011. Le CIAP (Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine), vient d’être inauguré dans le nouveau pôle culturel Le XXème, emblème d’un nouveau quartier qui se développe près des rives du lac de Serre-Ponçon. Par François Rousseau

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Savines-le-Lac : Patrimoine du 20ème siècle

lundi 30 novembre -1
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Le pôle culturel Le XXème abrite le CIAP © photo F.Rousseau/PdF 2017
Le XXème

L’exposition, qui rappelle l’ambiance d’une agence d’architecture des années 60, présente l’histoire du village et les grandes réalisations architecturales dans le sud du département.

Au cours du 19ème siècle, les Alpes du Sud s’ouvrent à la modernité avec l’armée qui construit les routes stratégiques le long de la frontière. Les Chasseurs Alpins ouvrent le passage du col de Vars en 1893 et de l’Izoard en 1897.

Portée par le Touring-Club de France, la Route des Alpes est inaugurée en juillet 1911.

Dans la vallée de la Durance, le chemin de fer atteint Embrun en 1883, mais c’est au 20ème siècle que se situe le plus grand changement sociétal en montagne. Comme d’autres villages en Ubaye, Savines s’est développé grâce aux enfants du pays partis faire fortune.

François Pavie embarque pour l’Amérique du Sud et crée le commerce de la laine de mouton vers l’Europe. Devenu maire du village puis député des Hautes-Alpes, il développe l’industrie, construit une scierie puis une centrale hydroélectrique en 1909, une usine de filature La Cotonnière du Sud-est en 1910 et enfin une usine de papier. Pavie transforme le petit village rural en cité industrielle.

Au CIAP, une frise illustre l’arrivée de la modernité sur le territoire avec les vitraux Art nouveau en Ubaye, la première station de ski au Sauze en 1934, le plus important ouvrage de la ligne Maginot des Alpes à la Cime de la Bonnette en 1936 et la construction du barrage de Tignes en 1952. Réallon, la dernière station de ski autorisée dans les Alpes, ouvre en 1985.

La Chapelle Saint-Michel © photo F.Rousseau/PdF 2017
Le site encaissé est favorable à la création d’un barrage puisque dès la fin du 19ème siècle, un premier sondage est réalisé. Il doit maîtriser les crues dévastatrices de la Durance, permettre l’irrigation en Provence et assurer l’indépendance énergétique. La création d’EDF en 1946 voit l’idée revenir grâce à une technologie américaine appliquée sur le Tennessee. Le projet est adopté le 5 janvier 1955.

Avec ses 3000 ouvriers, la construction du barrage est en 1960, le chantier le plus important de France. Les expropriations suscitent moins d’opposition qu’à Tignes. Les terres au dessous de la cote 780 devant être noyées, deux villages et un hameau sont détruits, abritant 1200 habitants, ainsi que les terres agricoles.

Seule la chapelle Saint-Michel est sauvée. 50 km de route, 14 km de voie ferrée et 2,5 km de pont sont créés. Ubaye est abandonné à la montée des eaux et seul le cimetière est déplacé, tandis qu’à Savines, l’église Saint-Florent édifiée en 1826, est dynamitée et rasée le 3 mai 1961 en même temps que la mairie. Après 18 mois d’une lente montée des eaux, le remplissage du lac de Serre-Ponçon est achevé le 18 mai 1961, c’est alors la plus grande retenue d’eau de France.

 

Entrée du tunnel de l’ancienne voie ferrée engloutie par les eaux © photo F.Rousseau/PdF 2017
Le préfet nomme Achille de Panaskhet (1916-2010) à la tête du chantier de reconstruction du village qui devient Savines-le-Lac le 21 décembre 1961. Né en Géorgie puis exilé en France en 1921, il étudie à Paris aux Beaux-Arts avec Henri Expert. Appelé à Gap après son diplôme d’architecte en 1946, de Panaskhet sera baptisé «le bâtisseur des Alpes».

Outre le plan d’urbanisme, il réalise 12 chantiers à Savines-le-Lac dans une architecture inspirée des futuristes italiens comme Carlo Molino. Il refuse le chalet au profit d’une architecture horizontale, effilée. Le village est construit en terrasses regardant le lac, en suivant les courbes de niveaux.

Les maisons les plus élevées de l’ancien village se retrouvent au bord de l’eau. De Panaskhet adore la forme de la rotonde, qu’il applique sur le baptistère de l’église et sur l’école. Il porte un soin particulier aux ferronneries.

Cependant, l’église Saint-Florent, consacrée le 15 juillet 1962, est de forme triangulaire avec deux bras de lumière se dirigeant vers le maître-autel. Imposant sa volumétrie offensive, elle se dresse telle une proue de bateau qui s’élance à la conquête du lac. De Panaskhet propose également les dessins et les couleurs des vitraux, réalisés en dalles de verre par le maître verrier Thomas à Valence.

Sur le thème du Chemin de croix, ils sont magnifiquement éclairés la nuit.

Savines-le-Lac, monument aux morts de la guerre franco-prussienne de 1870 © photo F.Rousseau/PdF 2017
A l’époque,...

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