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Théâtre : L'ombre de Stella

Festival Off Une star un peu oubliée, un second rôle complètement oublié, une pièce inédite du grand Pierre Barillet joué par Denis D’Arcangelo C’est l’équation de la qualité ! Jusqu’au 30 juillet 2017 Par Marie-Laure Atinault

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Théâtre : L'ombre de Stella

vendredi 28 juillet 2017
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L'Ombre de Stella © photo Dominique Laroche
Qui sait aujourd’hui, que sous son nom de baptême, que Mylène  est Josette Puchaud ? D’ailleurs qui s’en soucie ?
Pour tout le monde, elle est celle qui a accompagné dans son dernier soupir Stella Marco. Elle est toute  désignée pour évoquer cette grande vedette.

Mylène Janvier, très chic dans son tailleur pantalon noir, bien coiffée, se prépare pour son témoignage. Elle est un peu intimidée par le micro et le magnétophone.

Appuyer sur le bon bouton, pour parler. Bien, mais par où commencer.

Oh ! Elle se souviendra toujours du premier jour ou elle a rencontré Stella.

L'Ombre de Stella © photo Dominique Laroche
C’était avant la guerre. Stella était la vedette et, elle, Mylène  tenait un petit rôle. Qui sait, si elle avait eu de la chance, elle aussi, aurait pu devenir une étoile, une star, une Stella. Stella Marco était de toutes les fêtes, elle faisait la Une de Cinémonde.

Il y a eu la guerre et l’occupation et de mauvais choix. Après il a fallut faire le dos rond pendant l’épuration. L’oubli, et le retour de Stella.

Elle a su construire sa légende. Et Mylène, lui servait d’habilleuse, de secrétaire, de confidente, de souffre-douleur.

Toute sa vie, elle tient un second rôle.

L'Ombre de Stella © photo Dominique Laroche
Dans son récit, elle n’épargne pas la Grande Stella Marco. Elle raconte les coups bas de la Star qui la rabroue. Petit à petit c’est Josette qui se dévoile. Son aigreur, sa jalousie, ses déceptions piquent le récit, qui n’est pas un panégyrique.

Elle règle ses comptes et se rend compte un peu tard qu’en égrenant la vie de la star, elle se dévoile trop et que son récit sans fard, lui revient comme un boomerang.

Pierre Barillet a écrit cette pièce atypique dans son  œuvre.  Il  nous régale d’un récit qui puise dans l’histoire du cinéma.

On se plait à reconnaître dans le portrait de Stella, un patchwork de vedettes d’avant guerre et de l’occupation. Le récit du tournage est un petit bijou que les cinéphiles apprécieront particulièrement. Il brosse un portrait d’une époque avec un humour froid. Pierre Barillet pointe l’âme humaine dans toute sa complexité.

L'Ombre de Stella © photo Dominique Laroche
Denis D’Arcangelo compose une Josette-Mylène attachante et pitoyable. Ce grand comédien, qui endosse avec autant de talent la blouse de Madame Raymonde ou le costume du fou de Lear, compose un personnage plein de gouaille. Denis D’Arcangelo interprète avec nuance cette femme qui va de l’admiration à la haine.

Le brushing conquérant,  il devient Josette avec un tel brio que nombreux sont les spectateurs qui sont troublés et demandent le nom de la comédienne.

Quel hommage à son talent. Thierry Harcourt, dans une mise en scène épurée, a servit de passeur.

Il s’est mis au service du texte mordant voire féroce, et a dirigé notre Denis D’Arcangelo dans l’une de ses plus belles compositions.

Marie Laure Atinault

Informations pratiques

L’Ombre de Stella

Une pièce de Pierre Barillet

Mise en scène Thierry Harcourt, avec Denis D’Arcangelo

Jusqu’au 30 juillet 2017

Festival Off Avignon

Théâtre Actuel à 11h50

Tél: 04 90 82 04 02

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