Dernière exposition Raysse au Musée Paul Valéry

A 87 ans, Martial Raysse choisit Sète pour présenter ses œuvres récentes

 

« C’est important de transmettre à ses petits-enfants quel monde on leur laisse » confie Martial Raysse (il a quatorze petits enfants, ndlr) après une longue visite commentée de son ultime ( ?) exposition au musée Paul Valéry de Sète. A 87 ans, depuis sa rétrospective du Centre Pompidou, en 2014, et du Palazzo Grassi, en 2015, l’un des plus grands peintres contemporains français n’a plus rien à prouver. Et pourtant les œuvres récentes qu’il a accepté d’accrocher aux cimaises du musée dominant la Méditerranée, jusqu’au 5 novembre 2023, ont beaucoup à nous dire. Avant d’en arriver là, l’évocation de son parcours s’impose.

A dix-neuf ans, Martial Raysse réalise ses premières œuvres et publie une plaquette de poèmes.

En 2014, il retrouve ses deux passions, déclarant « Maintenant je pense que l’important c’est d’atteindre ce qu’on appelait, dans l’ancien temps, la poésie ». Dès 1960, il imagine, avec ses amis niçois, Yves Klein et Arman, un axe Nice-Los Angeles-Tokyo pour déborder Paris et New York qui dominent alors.

Participant pour une courte durée au Nouveau réalisme, il expose en 1961 à Milan, avec Arman, participe à la biennale de Paris et à « Art of Assemblage », à New York, la même année.

Chez Martial Raysse, il y a d’abord ses années Pop.

Sa vie d’artiste ne s’arrêtera plus. Eclectique, en 1966, il réalise ses premiers décors pour le théâtre des Champs Elysées et son premier film « Jésus Cola ». La même année, il représente la France à la 33 ème biennale de Venise. Bien de son siècle, Martial crée des affiches pour les évènements de mai 68, aux ateliers des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs. Six mois après, il devient professeur à l’ENSAD de Paris, où il anime, jusqu’en 1987 un cours de dessin.

On peut relever de grandes expositions à laquelle il participe : en 1977, à « Paris-New York » au centre Pompidou et à la Documenta 6 à Cassel. Exposant également, dans les années 2000, à Pékin, Séoul, Shanghai, Canton. Ainsi qu’en 2002, à « Paris, capitale des Arts 1900-1968 », présentée à la Royal Academy of Arts de Londres et au Guggenheim Museum de Bilbao. En 2021, des œuvres sont proposées à l’ouverture de la collection Pinault, à la Bourse de Commerce de Paris.

Pendant toutes ces années, Martial Raysse s’essaiera aux sculptures, aux vitraux. A noter qu’en 2011, la vente de « L’année dernière à Capri » fera de lui l’artiste français vivant le plus cher du monde !

 

Aujourd’hui, à Sète, ce sont près de cent œuvres qui sont accrochées, autour de très grandes toiles inédites - Le lever du jour (2020), La tombée de la nuit (2021), La Peur, La Paix (2023).

Rassemblant peintures, sculptures, dessins de ces quinze dernières années. « L’ordre chronologique qui s’est imposé privilégie la transversalité des centres d’intérêt, des thèmes, des matériaux et des techniques qui caractérisent la production de l’artiste » explique Stéphane Tarroux, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée Paul Valéry. Dans sa préface au catalogue officiel, il titre « Martial Raysse est toujours à l’affut du présent ». Une affirmation résumant parfaitement son travail.

Que Martial Raysse aborde avec gravité et légèreté. Incluant un bel auto portrait aux mains remarquables, « Courage Martial », une huile sur toile de 200x131cm, peinte en 2021.

« J’ai vécu une période difficile en abandonnant le Pop Art » glisse l’octogénaire, en avouant « Devant trop de critiques, J’étais très déprimé ». Le vieil homme, sensible, reste aussi marqué par son enfance dans le Vercors, avec un père dans la résistance.

Dans l’intimité de ses œuvres, au musée Paul Valéry, il ne peut s’empêcher de se revoir sur les genoux d’un allemand pendant une intervention brutale de la Gestapo.

Un élément fondateur qui l’a accompagné toute sa vie.

Guy Hébert

 

Informations pratiques :

Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer 34200 Sète

Exposition jusqu’au 5 novembre 2023

Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Visites commentées du mardi au samedi à 16h.

Restaurant du musée « Midi Là-haut », ouvert tous les jours

25 Sep 2023 0 comment
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  Guy Hébert

A 87 ans, Martial Raysse choisit Sète pour présenter ses œuvres récentes

 

« C’est important de transmettre à ses petits-enfants quel monde on leur laisse » confie Martial Raysse (il a quatorze petits enfants, ndlr) après une longue visite commentée de son ultime ( ?) exposition au musée Paul Valéry de Sète. A 87 ans, depuis sa rétrospective du Centre Pompidou, en 2014, et du Palazzo Grassi, en 2015, l’un des plus grands peintres contemporains français n’a plus rien à prouver. Et pourtant les œuvres récentes qu’il a accepté d’accrocher aux cimaises du musée dominant la Méditerranée, jusqu’au 5 novembre 2023, ont beaucoup à nous dire. Avant d’en arriver là, l’évocation de son parcours s’impose.

A dix-neuf ans, Martial Raysse réalise ses premières œuvres et publie une plaquette de poèmes.

En 2014, il retrouve ses deux passions, déclarant « Maintenant je pense que l’important c’est d’atteindre ce qu’on appelait, dans l’ancien temps, la poésie ». Dès 1960, il imagine, avec ses amis niçois, Yves Klein et Arman, un axe Nice-Los Angeles-Tokyo pour déborder Paris et New York qui dominent alors.

Participant pour une courte durée au Nouveau réalisme, il expose en 1961 à Milan, avec Arman, participe à la biennale de Paris et à « Art of Assemblage », à New York, la même année.

Chez Martial Raysse, il y a d’abord ses années Pop.

Sa vie d’artiste ne s’arrêtera plus. Eclectique, en 1966, il réalise ses premiers décors pour le théâtre des Champs Elysées et son premier film « Jésus Cola ». La même année, il représente la France à la 33 ème biennale de Venise. Bien de son siècle, Martial crée des affiches pour les évènements de mai 68, aux ateliers des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs. Six mois après, il devient professeur à l’ENSAD de Paris, où il anime, jusqu’en 1987 un cours de dessin.

On peut relever de grandes expositions à laquelle il participe : en 1977, à « Paris-New York » au centre Pompidou et à la Documenta 6 à Cassel. Exposant également, dans les années 2000, à Pékin, Séoul, Shanghai, Canton. Ainsi qu’en 2002, à « Paris, capitale des Arts 1900-1968 », présentée à la Royal Academy of Arts de Londres et au Guggenheim Museum de Bilbao. En 2021, des œuvres sont proposées à l’ouverture de la collection Pinault, à la Bourse de Commerce de Paris.

Pendant toutes ces années, Martial Raysse s’essaiera aux sculptures, aux vitraux. A noter qu’en 2011, la vente de « L’année dernière à Capri » fera de lui l’artiste français vivant le plus cher du monde !

 

Aujourd’hui, à Sète, ce sont près de cent œuvres qui sont accrochées, autour de très grandes toiles inédites - Le lever du jour (2020), La tombée de la nuit (2021), La Peur, La Paix (2023).

Rassemblant peintures, sculptures, dessins de ces quinze dernières années. « L’ordre chronologique qui s’est imposé privilégie la transversalité des centres d’intérêt, des thèmes, des matériaux et des techniques qui caractérisent la production de l’artiste » explique Stéphane Tarroux, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée Paul Valéry. Dans sa préface au catalogue officiel, il titre « Martial Raysse est toujours à l’affut du présent ». Une affirmation résumant parfaitement son travail.

Que Martial Raysse aborde avec gravité et légèreté. Incluant un bel auto portrait aux mains remarquables, « Courage Martial », une huile sur toile de 200x131cm, peinte en 2021.

« J’ai vécu une période difficile en abandonnant le Pop Art » glisse l’octogénaire, en avouant « Devant trop de critiques, J’étais très déprimé ». Le vieil homme, sensible, reste aussi marqué par son enfance dans le Vercors, avec un père dans la résistance.

Dans l’intimité de ses œuvres, au musée Paul Valéry, il ne peut s’empêcher de se revoir sur les genoux d’un allemand pendant une intervention brutale de la Gestapo.

Un élément fondateur qui l’a accompagné toute sa vie.

Guy Hébert

 

Informations pratiques :

Musée Paul Valéry

148 rue François Desnoyer 34200 Sète

Exposition jusqu’au 5 novembre 2023

Du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Visites commentées du mardi au samedi à 16h.

Restaurant du musée « Midi Là-haut », ouvert tous les jours

Informations supplémentaires

  • Région: Occitanie
Dernière modification le lundi, 25 septembre 2023 10:12

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