Le voyage en Italie de Louis Gauffier au Musée Fabre

Découvrir le peintre Louis Gauffier et retrouver l’Italie du XVIIIe, à Montpellier

« Le voyage en Italie de Louis Gauffier », le musée Fabre de Montpellier se devait de monter cette exposition, en collaboration avec le musée Sainte Croix de Poitiers, ville de naissance de ce peintre du mouvement néoclassique (1762-1801). La première rétrospective dédiée à cet artiste. Initiative justifiée à plus d’un titre. Et un hommage remarquable aux beautés de l’Italie.

A voir avant le 4 septembre.

 

Première raison, l’amitié liant François-Xavier Fabre, créateur du musée éponyme, à Louis Gauffier. La présence de trente peintures et dessins de Louis Gauffier dans les collections montpelliéraines justifie aussi ce choix. Le talent de cet artiste, également. Lauréat du Grand Prix de l’Académie à l’âge de 22 ans, son succès ne se démentira pas jusqu’à sa disparition précoce, en 1801. Ultime intérêt, et non des moindres, l’exposition met en valeur la tradition du Grand Tour, ce voyage qu’artistes et aristocrates se devaient de faire dans la péninsule, à cette époque.

Ce prix lui permit de s’installer à Rome pour un séjour de quatre ans, financé par le roi. Avec frénésie, il dessina la ville, ses architectures, ses scènes de rue. Les visiteurs pourront laisser libre cours à leur imagination pour compléter certains dessins sur une table numérique. Ce fut aussi l’époque de ses compositions inspirées par la Bible et l’histoire antique, appréciées par le public romain. Son installation à Florence jusqu’à sa mort, avec sa femme Pauline, lui ouvrit d’autres horizons.

Un accrochage pertinent que le Ministère de la culture et de la Communication a reconnu d’intérêt national. Grâce à des prêts exceptionnels de musées français (Louvre, château de Fontainebleau) et d’autres prestigieux du monde entier (Edimbourg. Cambridge, Stockholm, Philadelphie, Mineapolis, San Francisco, Melbourne). Ainsi que d'autres institutions et collectionneurs. Permettant de réunir quelques 130 d’œuvres qui témoignent de la notoriété de cet artiste français.

Dès le début de l’exposition, une révélation, le tableau La Cananéenne aux pieds du Christ, qui valut à Gauffier le grand prix de l’Académie. En parallèle avec le même prix obtenu par Jean-Germain Drouais, l’élève favori de Jacques-Louis David. Suivent des tableaux d’histoire, des peintures ou des dessins de plein air, ainsi que des portraits. De quoi apprécier toutes les facettes de cet artiste original à la sensibilité visionnaire et préromantique. Ainsi que ses émules, ses camarades et ses clients.

Le durcissement de la Révolution française l’amena à quitter la villa Mancini, siège de l’Académie de France. Accompagné de François-Xavier Fabre, il vint s’installer à Florence, suite aux émeutes anti-françaises de février 93. Il y devint le portraitiste attitré d'une clientèle cosmopolite, appréciant la neutralité de la Toscane, alors que l'Europe entrait en guerre contre la France. Ces voyageurs, souhaitant garder un souvenir de leur périple aimaient apparaître, en pied, dans des paysages illustrant les monuments de florence. Donnant naissance à des tableaux intimistes de petit format. Le plus fidèle de ses clients fut Thomas Hope, héritier d'une riche famille de banquiers écossais établis aux Pays-Bas. Une occasion de découvrir ce personnage ayant donné naissance au style Regency, lors de son retour à Londres.

La Campagne d'Italie de Napoléon et l’occupation française de la Toscane entrainèrent le départ des voyageurs du Grand Tour. Fréquentant alors ses compatriotes, Louis Gauffier mit en scène plusieurs personnages dans des attitudes naturelles illustrant des valeurs familiales, genre anglais désigné par Conversation piece (Tableaux de conversation).

Malgré une vie trop courte, Louis Gauffier fut tout de même un précurseur dans l’art du paysage. Les quatre tableaux peints en 1797 après un voyage à Vallombrosa, à une trentaine de kilomètres de Florence, en témoignent. Ils sont accompagnés de leurs esquisses et études, réalisées in situ. Réunis pour la première fois. A la veille du romantisme, l’artiste faisait du paysage le reflet d’un état d’âme, le souvenir d’une visite mémorable teintée de nostalgie. Une sensibilité promise à un bel avenir, pour tout le XIXe siècle.

Passionnant de découvrir ce peintre et l’Italie de la fin du XVIIIe.

Guy Hébert

Exposition "Le voyage en Italie de Louis Gauffier"

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h.

A partir du 8 juillet :

  • visite guidée du mardi au dimanche, à 16h

  • visite en famille, dès 2 ans, les mercredis, vendredis et samedi, à 10h30.

Autres propositions : ateliers de pratique artistique, ateliers d’écriture théâtrale, visites couplées au jardin des plantes, projection cinématographique, fiche-jeux en autonomie …

Musée Fabre

39 boulevard Bonne Nouvelle

34 000 Montpellier

04 67 14 83 00 

02 Juil 2022 0 comment
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  Guy Hébert

Découvrir le peintre Louis Gauffier et retrouver l’Italie du XVIIIe, à Montpellier

« Le voyage en Italie de Louis Gauffier », le musée Fabre de Montpellier se devait de monter cette exposition, en collaboration avec le musée Sainte Croix de Poitiers, ville de naissance de ce peintre du mouvement néoclassique (1762-1801). La première rétrospective dédiée à cet artiste. Initiative justifiée à plus d’un titre. Et un hommage remarquable aux beautés de l’Italie.

A voir avant le 4 septembre.

 

Première raison, l’amitié liant François-Xavier Fabre, créateur du musée éponyme, à Louis Gauffier. La présence de trente peintures et dessins de Louis Gauffier dans les collections montpelliéraines justifie aussi ce choix. Le talent de cet artiste, également. Lauréat du Grand Prix de l’Académie à l’âge de 22 ans, son succès ne se démentira pas jusqu’à sa disparition précoce, en 1801. Ultime intérêt, et non des moindres, l’exposition met en valeur la tradition du Grand Tour, ce voyage qu’artistes et aristocrates se devaient de faire dans la péninsule, à cette époque.

Ce prix lui permit de s’installer à Rome pour un séjour de quatre ans, financé par le roi. Avec frénésie, il dessina la ville, ses architectures, ses scènes de rue. Les visiteurs pourront laisser libre cours à leur imagination pour compléter certains dessins sur une table numérique. Ce fut aussi l’époque de ses compositions inspirées par la Bible et l’histoire antique, appréciées par le public romain. Son installation à Florence jusqu’à sa mort, avec sa femme Pauline, lui ouvrit d’autres horizons.

Un accrochage pertinent que le Ministère de la culture et de la Communication a reconnu d’intérêt national. Grâce à des prêts exceptionnels de musées français (Louvre, château de Fontainebleau) et d’autres prestigieux du monde entier (Edimbourg. Cambridge, Stockholm, Philadelphie, Mineapolis, San Francisco, Melbourne). Ainsi que d'autres institutions et collectionneurs. Permettant de réunir quelques 130 d’œuvres qui témoignent de la notoriété de cet artiste français.

Dès le début de l’exposition, une révélation, le tableau La Cananéenne aux pieds du Christ, qui valut à Gauffier le grand prix de l’Académie. En parallèle avec le même prix obtenu par Jean-Germain Drouais, l’élève favori de Jacques-Louis David. Suivent des tableaux d’histoire, des peintures ou des dessins de plein air, ainsi que des portraits. De quoi apprécier toutes les facettes de cet artiste original à la sensibilité visionnaire et préromantique. Ainsi que ses émules, ses camarades et ses clients.

Le durcissement de la Révolution française l’amena à quitter la villa Mancini, siège de l’Académie de France. Accompagné de François-Xavier Fabre, il vint s’installer à Florence, suite aux émeutes anti-françaises de février 93. Il y devint le portraitiste attitré d'une clientèle cosmopolite, appréciant la neutralité de la Toscane, alors que l'Europe entrait en guerre contre la France. Ces voyageurs, souhaitant garder un souvenir de leur périple aimaient apparaître, en pied, dans des paysages illustrant les monuments de florence. Donnant naissance à des tableaux intimistes de petit format. Le plus fidèle de ses clients fut Thomas Hope, héritier d'une riche famille de banquiers écossais établis aux Pays-Bas. Une occasion de découvrir ce personnage ayant donné naissance au style Regency, lors de son retour à Londres.

La Campagne d'Italie de Napoléon et l’occupation française de la Toscane entrainèrent le départ des voyageurs du Grand Tour. Fréquentant alors ses compatriotes, Louis Gauffier mit en scène plusieurs personnages dans des attitudes naturelles illustrant des valeurs familiales, genre anglais désigné par Conversation piece (Tableaux de conversation).

Malgré une vie trop courte, Louis Gauffier fut tout de même un précurseur dans l’art du paysage. Les quatre tableaux peints en 1797 après un voyage à Vallombrosa, à une trentaine de kilomètres de Florence, en témoignent. Ils sont accompagnés de leurs esquisses et études, réalisées in situ. Réunis pour la première fois. A la veille du romantisme, l’artiste faisait du paysage le reflet d’un état d’âme, le souvenir d’une visite mémorable teintée de nostalgie. Une sensibilité promise à un bel avenir, pour tout le XIXe siècle.

Passionnant de découvrir ce peintre et l’Italie de la fin du XVIIIe.

Guy Hébert

Exposition "Le voyage en Italie de Louis Gauffier"

Du mardi au dimanche, de 10h à 18h.

A partir du 8 juillet :

  • visite guidée du mardi au dimanche, à 16h

  • visite en famille, dès 2 ans, les mercredis, vendredis et samedi, à 10h30.

Autres propositions : ateliers de pratique artistique, ateliers d’écriture théâtrale, visites couplées au jardin des plantes, projection cinématographique, fiche-jeux en autonomie …

Musée Fabre

39 boulevard Bonne Nouvelle

34 000 Montpellier

04 67 14 83 00 

Informations supplémentaires

  • Région: Occitanie
Dernière modification le samedi, 02 juillet 2022 11:33

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